Tiques et maladies transmises par les tiques chez les bovins au Maroc

Prophylaxie

La prophylaxie fait intervenir des mesures médicales (chimioprévention, immunisation) et des mesures sanitaires (lutte contre les arthropodes vecteurs, sélection de souches de ruminants domestiques génétiquement plus résistantes aux tiques et/ou à l’infection.

Elle consiste en une chimioprévention ou en l’immunisation des animaux.

La chimioprophylaxie

Le principe est l’administration de médicaments avant le contact de l’animal réceptif avec l’agent parasitaire dans le but de prévenir l’apparition des signes cliniques de la maladie.

Ces substances sont:

– Pour les babésioses

L’imidocarbe à 2 mg/kg confère une protection de 12 semaines contre Babesia bigemina et de 6 semaines contre B. bovis.

– Pour l’ anaplasmose

Les tétracyclines

Dans un but prophylactique, l’oxytétracycline retarde la multiplication des anaplasmes, allonge le temps d’incubation et empêche le développement des signes cliniques.

La chlorotétracycline peut être absorbée en blocs à lécher contenant 1,1 mg de produit par kg. L’administration orale de 0,5 mg/kg/jour pendant 120 jours réduit l’incidence clinique de 60 à 80 %.

Le diminazène à 5 mg/kg rendrait les veaux résistants pendant 68 jours; à 3,5 mg/kg, il protègerait les bovins pendant 10 jours, d’après Hassissene (1981).

L’imidocarbe aurait un effet prophylactique à 3 mg/kg en intramusculaire, renouvelé au 14ème jour, d’après Morel (1981); pourtant Thompson et al. (1978), ont observé le décès dû à l’anaplasmose d’un veau sur 20 ayant bénéficié d’une prophylaxie à l’imidocarbe à 2,5 mg/kg (2 injections à 45 jours d’intervalle).

– Pour la theilériose

On utilise surtout les tétracyclines.

La chimioprévention est indiquée dans deux situations sur les animaux réceptifs qui risquent d’être exposés à l’infection:

  • Lorsque l’immunisation est contre-indiquée ou malaisée (gestation, transport…)
  • Lorsque l’animal doit faire un séjour temporaire dans une zone infectée, et que l’immunisation n’est pas nécessaire.

Actuellement, seules deux molécules theiléricides sont utilisables en pratique, la parvaquone et la buparvaquone. La parvaquone surtout active contre le stade schizonte, elle est utilisée à la posologie de 20 mg/kg. La buparvaquone est active aussi bien sur les schizontes que sur les formes érythrocytaires de T. annulata, elle est administrée à la posologie de 2,5 mg/kg par la voie intra-musculaire.

Administrée précocement, la buparavaquone entraîne la guérison de la majorité des animaux dans les formes aiguës, mais reste d’une activité aléatoire sur les formes suraiguës et les formes traitées tardivement et ce, du fait des lésions provoquées par le parasite. Le taux de létalité post-thérapeutique après utilisation de la buparvaquone est d’environ 15 %.

L’immunisation

Cette méthode est plus efficace que la chimioprévention utilisant en général une prémunition par souches atténuées.

L’atténuation est obtenue par passages continus rapides sur veaux splénectomisés par sélection des sous populations les moins virulentes pour la babesiose et l’anaplsmose ou par attenuation des shizontes dans le cas de la theileriose.

L’immunisation par antigènes recombinants est envisagable et de nombreuses recherches sur l’identification et le séquençage d’antigènes protecteurs, qu’ils proviennent du plasma, de l’hématie ou du parasite sont en cours.

Pr. Hamid SAHIBI et Pr. Abdelkebir RHALEM
Département de Parasitologie et Maladies Parasitaires
Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II