Tiques et maladies transmises par les tiques chez les bovins au Maroc

Les maladies transmises par les tiques au Maroc

Les protozooses transmises par les tiques rapportées au Maroc

La babésiose et la theilériose sont les seules protozooses transmises par les tiques aux bovins connues au Maroc. L’anaplasmose est une rickettsiose, due à Anaplasma marginale, transmise par la tique Boophilus annulatus et fort probablement par les stomoxes qui sont largement répandue au Maroc. La theilériose et la babésiose bovine sont répandues dans les plaines atlantiques, les plateaux du centre, le nord-ouest et au pied de l’Atlas.

La theilériose à Theileria annulata est transmise par les tiques du genre Hyalomma. Au Maroc, son principal vecteur est H. detritum detritum.

La babésiose est causée par un parasite intra-érythrocytaire du genre Babesia, transmis par les tiques aux bovins. Trois espèces de Babesia sont responsables de la babésiose bovine au Maroc: Babesia bovis et B. bigemina transmises par B. annulatus et Rhipicephalus bursa, et B. divergens dont le vecteur n’est pas encore connu. Cette espèce fortement pathogène est considérée comme une protozoose d’importation.

La theilériose

La theilériose à T. annulata est une protozoose non contagieuse. Elle est l’une des principales infections dans les élevages bovins méditerranéens et de plusieurs pays d’Asie. Elle est caractérisée par un accès aigu de première invasion suivie, si l’animal ne succombe pas, d’un stade métacritique d’infection latente chronique.

La theilériose tropicale est une maladie lymphoproliférative d’une importance économique majeure, elle constitue une entrave au développement de l’élevage bovin et menace plus de 250 millions de bovins dans les régions d’Afrique du nord, du sud de l’Europe et d’Asie.

Au Maroc, la theilériose est classée parmi les maladies bovines les plus pathogènes et les plus importantes sur le plan économique. Cette affection est à l’origine, chez les races locales, d’un taux de mortalité allant de 40 à 75%, et de 89 à 100% chez les races importées.

Le plus souvent, la theilériose aigue tarit d’emblée la sécrétion lactée. L’avortement ou la mise bas prématurée chez les bovins de races sensibles sont aussi observés. Les sujets guéris resteront souvent sans valeur économique. A ce jour, aucun produit theiléricide n’a fait preuve d’une parfaite efficacité.

Des travaux ont montré que l’infection évolue selon trois modes endémiques: l’endémie stable, l’endémie instable modérée et l’endémie instable élevée.

Les cas cliniques apparaissent pendant le début du mois de mars et diminuent vers la fin du mois d’août avec un pic au mois de juin.

Les prévalences ont été estimées en utilisant la technique IFAT au niveau de quatre grandes régions agricoles à vocation bovine: Gharb 19 %; Tadla 23 %; Haouz 32 %; Doukkala 36 %.

Les babésioses bovines

Les babésioses bovines ou piroplasmoses sont des maladies parasitaires vectorielles, inoculables et non contagieuses, dues à la présence et la multiplication dans les érythrocytes des bovins de protozoaires du genre Babesia obligatoirement transmis après évolution cyclique chez des tiques.

Sur le plan clinique, il ressort un syndrome hémolytique grave compliqué par des troubles digestifs, cardiaques, pulmonaires et nerveux. L’hypertrophie et la congestion du foie et de la rate sont de règle et fonction directe de la gravité de l’hémolyse.

La babésiose à Babesia bovis

Elle est causée par un protozoaire parasite intra-érythrocytaire transmis aux bovins par la tique B. annulatus. La maladie clinique se manifeste par la fièvre, l’ictère, l’ataxie, l’anorexie et les signes nerveux. Au cours de la forme aiguë, la parasitémie dans le sang périphérique est de moins de 1%.

La prévalence de B. bovis a été déterminée par la technique d’ELISA compétitive (cELISA). Elle est de 25% au Gharb; 21 % au Tadla; 15 % au Doukkala et 13 % au Haouz.

La babésiose à Babesia bigemina

Elle est causée par un protozoaire parasite intra-érythrocytaire. La maladie clinique se manifeste par la fièvre, l’anémie et l’hémoglobinurie. La parasitémie peut varier de 10 à 30%. Les prévalences concernant B. bigemina sont: Gharb 23 %; Tadla 16 %; Doukkala 13 %; Haouz 3 %.

La babésiose à Babesia divergens

C’est une forme essentiellement nord européenne, causée par un protozoaire parasite intra-érythrocytaire et transmise aux bovins par I. ricinus en Europe. Au Maroc, son vecteur est mal connu. Les signes de la maladie sont semblables à ceux de la babésiose à B. bigemina.

Les premiers cas ont été diagnostiqués au Maroc chez des vaches importées au niveau de la région du Gharb. L’incidence clinique annuelle ainsi que la prévalence de cette maladie est en cours d’étude dans deux étages bioclimatiques différents.

Autres pathogènes transmis par les tiques

Les autres maladies transmises par les tiques au bétail restent toujours très peu documentées au Maroc, plus en raison de la faible pathogénicité de leurs agents que de leur faible prédominance. Parmi elles l’anaplasmose bovine à Anaplasma marginale, transmise par B. annulatus et fort probablement aussi par les stomoxes.

Cette pathologie, très largement répandue au Maroc chez les bovins et les petits ruminants, évolue généralement sous forme asymptomatique et silencieuse. Les prévalences sont: Gharb 13%; Tadla 13%; Doukkala 12 %; Haouz 14 %.

Les infestations mixtes

Elles sont devenues très fréquentes surtout dans la région du Gharb et de Doukkala suite aux mouvements non contrôlés des animaux. Elles sont à l’origine d’échec thérapeutique et par conséquent de conflit entre le praticien et l’éleveur à cause du diagnostic. La prévalence est estimée respectivement à 2,5% dans le Doukkala et de 3 à 8,5% selon les localités dans la région du Gharb.

Diagnostic différentiel de la theilériose avec les babésioses et l’anaplasmose

Le tableau 1 résume globalement les symptômes majeurs rencontrés dans le cas des babésioses et de l’anaplasmose au Maroc.