L’élevage caprin dans la vallée d’Aït Bouguemaz

Etat actuel de l’élevage caprin chez les Aït Bouguemaz

Population exploitée, composition, structure et la taille des troupeaux

Le troupeau caprin est constitué d’une population de taille variable, généralement de petite conformation. Les animaux sont de différentes robes (noir, blanches, marron, grise,…). Phéno-typiquement, les sujets rencontrés ne présentent aucun signe de métissage avec des races améliorées étrangères. L’absence de l’introduction, par le biais de croisement, de gènes issus de races améliorés connues par leur fragilité, a permis à la population locale de préserver sa rusticité et son adaptation aux conditions difficiles de l’environnement local.

L’élevage caprin est souvent associé au troupeau ovin et il est conduit en dominance sur parcours collectif. Environ 80% des éleveurs conduisent leurs troupeaux caprins en montagne avec des effectifs qui dépassent en moyenne 60 têtes; et qui peuvent parfois atteindre 400 à 500 têtes. L’importance de ces effectifs est surtout liée aux parcours collectifs qui sont suffisamment disponibles. Sur la vallée, les troupeaux rencontrés sont de faible taille (20-50 têtes) vu le manque de l’offre fourragère.

Reproduction
Déroulement et type de lutte

Aucun contrôle n’est pratiqué sur la lutte. Mâles et femelles, jeunes et adultes, sont conduits ensemble toute l’année sans aucune séparation. Parfois, plusieurs troupeaux sont conduits ensemble. Ainsi, les saillies sont complètement incontrôlées et peuvent s’effectuer par des boucs adultes ou par des jeunes mâles pubères appartenant au même troupeau ou à un autre troupeau dans le cas d’un gardiennage collectif. Même s’il est bien admis que la pratique d’une lutte libre pourra alimenter l’économie de l’exploitation, la critique adressée à ce type de pratique réside dans le fait que les boucs de meilleure conformation sont vendus et les plus maigres sont gardés dans les troupeaux, assurant ainsi les saillies. La consanguinité et l’utilisation de mâles à faible valeur génétique, sur plusieurs générations, contribuent à un appauvrissement continu du potentiel génétique du cheptel caprin.

Chevrotage

Les naissances du troupeau caprin de la zone se caractérisent par deux périodes de chevrettage. Une période de naissances principale qui débute en mars et qui connaît 70 à 80% des mises bas. Les naissances issues de cette période sont les plus préférées par les éleveurs caprins du fait qu’elles coïncident avec la période de disponibilité fourragère.

Si les conditions alimentaires sur parcours sont satisfaisantes, la lutte peut avoir lieu en avril pour donner lieu à une deuxième période de chevrettage en septembre-octobre représentant 47% des mises bas totales. Seulement 30% des chèvres doublent leur mise bas en cette période. Les produits issus de ces chevrettages sont généralement moins appréciés et de faible poids du fait que leur croissance débute avec la période de neige et de rupture alimentaire. Ces naissances s’accompagnent souvent de mortalités post-natales importantes. Pour cette raison, les éleveurs n’accordent qu’un faible intérêt en terme économique à ces chevreaux issus de la seconde mise bas puisque leur prix de vente est toujours bas.

La mortalité des jeunes est souvent très élevée durant la période allant d’octobre à février. Elle peut atteindre 40% en touchant également les sujets adultes quand les conditions sont très sévères. Toutefois, les naissances du mois de mars connaissent un taux de mortalité plus faible.

Le taux de fertilité, qui est un indicateur de la réussite des saillies, est faible (80%). Cette faiblesse peut être à l’origine de différents facteurs: génétiques, physiologiques, pathologiques, alimentaires et aussi écologiques.

La prolificité, qui renseigne sur le taux d’ovulation, des pertes embryonnaires et du nombre de saillies, est estimée à 106%. Ce taux faible est surtout influencé par l’alimentation; une suralimentation entraîne son augmentation.

Le mode de naissance est marqué par une dominance des naissances issues de portées simples (96% des naissances), ce qui se traduit par de faibles performances de reproduction. Ce critère peut aussi en partie être amélioré par une alimentation appropriée.