Les ravageurs des arbres fruitiers: Le carpocapse des pommes et des poires

Stratégie de lutte

Le Carpocapse est le ravageur clé de la culture du pommier et du poirier. Pour maintenir ses dégâts à un niveau économique tolérable (estimé à 2%), il est indispensable de prendre certaines mesures prophylactiques et de bien connaître la biologie du ravageur. En effet, le raisonnement de la lutte s’articule autour de l’évaluation du risque, du seuil d’intervention admis et de l’alternance des insecticides durant la saison.

Estimation du risque

Le piégeage sexuel, procédé d’avertissement simple à installer en verger, est une des techniques à mettre nécessairement en œuvre afin de mieux diriger la lutte anti-carpocapse. Pour cela, il est recommandé dès fin mars et jusqu’à la récolte, de placer des pièges selon la méthode suivante:

tt 1 piège par parcelle de moins de 4 ha et au-delà de cette superficie ajouter un piège supplémentaire tous les 4 ha. A titre d’exemple, une exploitation de 40 hectares nécessite 10 pièges. La pose des pièges doit avoir lieu vers le 15 avril.

tt disposer les pièges dans le verger de manière à prévenir les possibilités de surinfestation par les populations diffusées par les vergers délaissés, les frigos, les stations de conditionnement, les décharges de fruits, etc.

tt changer les capsules toutes les 4 semaines et les plaques engluées lorsqu’elles sont encrassées;

tt relever les pièges tous les 2 jours et cumuler toujours les 3 dernières saisies consécutives;

tt compléter les résultats des pièges par des contrôles visuels réguliers du verger et une pose de bandes pièges après l’éclaircissage.

Bien exécuté, le piégeage sexuel précède le risque encouru par la parcelle où il est mis en œuvre et permet de prendre en compte les déplacements des papillons. Lorsque les prises sont faibles ou absentes, la menace est inexistante (prévision négative). Mais, étant donné que les captures ne sont corrélatives ni du niveau de population, ni du risque qu’elles constituent, il y a lieu d’être très vigilant en présence de populations abondantes car les captures fournies par les pièges dans ces circonstances sont biaisées. Deux tendances se présentent alors:

tt en l’absence de dégâts l’année précédente, les seuils de nuisibilité, quand la température est favorable à la ponte (température > 15°C), sont:

tt dans les vergers fortement infestés, le seuil admis est plus bas: 3 papillons en 6 jours quelle que soit la superficie du verger.

Les contrôles visuels, outils supplémentaires d’estimation du risque, doivent être effectués tous les 10-15 jours sur 1.000 fruits pris sur 50 arbres dont 20 situés en bordures. Lors de ces comptages, il est recommandé d’examiner particulièrement les fruits groupés. Le seuil admis est de 2% de fruits attaqués à la récolte et 0,3% à la fin de la première génération.

La séquestration de chenilles, par bandage des troncs d’arbre à 50 cm du sol au moyen de rubans en carton ondulé de 15 à 20 cm de large, constitue un autre moyen simple et efficace d’estimation de la population. À cet effet, pour une parcelle de 4 ha on applique 30 bandes dont 10 sur les arbres des bordures. Les effectifs piégés par ces bandes, installées après éclaircissage et décollées après récolte, renseignent sur le risque encouru par la culture au printemps prochain. À ce titre, si le nombre moyen de larves/arbre < 1, la population sera faible; £ 5, la menace sera grave; ³ 5, le risque sera très grave.

Choix et positionnement des produits

La qualité de la lutte contre la première génération est décisive pour la sauvegarde de la récolte car les dégâts peuvent être décuplés entre le premier et le deuxième vol. Pour s’en prémunir, la couverture insecticide doit être permanente durant la période de risque précisée par le piège sexuel. En matière de lutte proprement dite, deux possibilités s’offrent au producteur:

tt lorsqu’il opte pour un traitement ovicide, la durée probable de ponte des femelles est d’une semaine. En conséquence, il faut intervenir dès que le seuil est atteint en cas de population faible ou dès les premières captures quand les populations sont abondantes;

tt lorsqu’il penche pour un insecticide à effet larvicide, il faut attendre 5 à 7 jours après le dépassement du seuil de manière à réprimer les jeunes larves issues des premiers et derniers œufs pondus.