Conception et évaluation d’un prototype de pulvérisateur agricole motorisé et roulant

A l’échelle mondiale, les pertes en production agricole causées par les parasites et les ravageurs des cultures s’évaluent à 40%. La quantité de pesticides appliquée chaque année est estimée à 2,5 millions de tonnes. La part de cette quantité qui entre en contact avec les organismes indésirables est très faible. La plupart des chercheurs l’évaluent à moins de 1%.

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L’efficience d’application des pesticides est très faible et reste tributaire des techniques adoptées pour la diffusion de la bouillie sur la cible, plus précisément de l’état et des performances du matériel de pulvérisation utilisé. D’énormes progrès technologiques réalisés sur le matériel de pulvérisation agricole ont abouti à des niveaux d’efficience d’application des pesticides très élevés dans les pays développés. Cependant, cette efficience reste faible dans les pays en voie de développement pour des raisons techniques et économiques d’adoption et/ou d’adaptation de la nouvelle technologie.

Selon une étude réalisée par la FAO en 1998 sur 17 pays, le petit matériel de pulvérisation est largement utilisé par les agriculteurs et les problèmes rencontrés sont dus à un mauvais état des équipements, à des pratiques irrationnelles et à un manque de mesures de sécurité. L’étude a aussi constaté le grand potentiel du risque environnemental causé par l’utilisation des pesticides en présence de ces problèmes.

Par ailleurs, les méthodes d’application des pesticides pratiquées sur le terrain dans plusieurs pays en voie de développement ne reflètent pas l’avancement technologique des équipements de pulvérisation. Dans certains cas, le changement des buses du pulvérisateurs à dos pourrait à lui seul réduire de 70% les pesticides effectivement utilisés par les agriculteurs.

Au Maroc, le parc du matériel de pulvérisation est dominé à plus de 90% par le petit matériel à dos. Son utilisation rencontre d’énormes problèmes techniques de diffusion homogène de la bouillie et de valorisation des produits pesticides et de l’eau. L’utilisation des pulvérisateurs tractés est aussi sujette à des problèmes de choix, de réglage et de maintenance en relation avec la faible technicité de l’agriculteur.

A titre indicatif, les pertes en rendement des céréales dues aux mauvaises herbes s’estiment à un minimum de 25% et peuvent atteindre 100%. Les traitements herbicides sont en général réalisés à l’aide de pulvérisateurs à dos avec des efficacités qui sont dans la plupart des cas insuffisantes. Ceci est du à la déficience des techniques d’application des herbicides (choix des buses, volume d’eau, répartition de la bouillie, etc…) à tel point que le traitement d’un hectare de blé avec un pulvérisateur à dos nécessite parfois une journée de travail.

Ce diagnostic pousse à réfléchir pour la conception, au niveau de la recherche agronomique, d’autres matériels de traitement pesticide plus efficients et économiques en énergie humaine, en eau et en temps. Dans ce sens, un prototype de pulvérisateur agricole à moteur thermique a été développé au niveau du Laboratoire de Machinisme Agricole du Centre Régional de la Recherche Agronomique de Settat.