Les ravageurs des arbres fruitiers: Le carpocapse des pommes et des poires

Les stratégies de lutte contre le carpocapse sont indiquées ci-après.

Principes de raisonnement

tt bien estimer à la parcelle le niveau de populations par piégeage, par notation sur fruits en fin de G1, à la récolte et par bandes pièges (Tableau 1, voir fichier PDF);

tt sur des populations fortes, privilégier les organo-phosphorés durs au moins durant les périodes à haut risque et surtout sur le 1er vol et ne faire revenir une famille d’insecticides qu’après 3 voire 4 générations;

tt utiliser les produits doux uniquement sur les populations faibles à moyennes;

tt rechercher s’il y a des trous de couverture en comparant la période de protection au risque global et aux données de piégeage des parcelles;

tt maintenir une cadence d’interventions de 10-15 jours pour la majorité des produits, sauf pour quelques uns tel que Insegar où, contre observations, elle peut être ramenée à 20 jours. En août, par fort ensoleillement, cette cadence peut être baissée à une semaine en cas de risque (forte pression du ravageur);

tt il est important de bien traiter la première génération pour limiter la nuisibilité des autres généralement plus difficiles à contrôler en raison du stade baladeur très court;

tt envisager des tests de résistance.

Gestion de la résistance du Carpocapse aux insecticides

Depuis quelques années, la lutte chimique contre le Carpocapse montre dans certains vergers des signes manifestes de faiblesse. En dépit du resserrement des traitements (10 à 15 applications), du mélange des produits et de l’augmentation des doses, les attaques de l’insecte demeurent quelquefois inquiétantes. Ce regain d’agressivité, réassorti en partie par les conditions météorologiques estivales, relèverait davantage d’une déperdition de l’efficacité des produits employés.

Dans la pratique, l’escalade est inutile car c’est une solution à court terme. Le plus pressant est de repérer localement les foyers de résistance, de surveiller leur extension et de déterminer, pour une meilleure gestion de ce phénomène, quels sont les produits qui n’ont pas encore perdu leur efficacité. L’autre urgence est d’éviter l’apparition de résistances dans les vergers où la pression du ravageur demeure faible. Pour ce faire, un calendrier d’interventions par alternance de modes d’action des insecticides à employer sur la base du cycle de l’insecte et couvrant au moins deux générations successives est d’un bon secours. Les stratégies de gestion qui se dégagent alors sont les suivantes:

Stratégie de lutte en cas de résistances

Elle consiste à perturber le comportement de l’insecte par la technique de confusion qui détraque la communication indispensable à sa reproduction et à le traiter avec des moyens biologiques telle que le virus de la granulose contre lequel il demeure impuissant. Ces deux moyens biologiques, utilisés seuls ou associés selon les situations, constituent pour l’instant l’unique riposte dans nombre de pays où la résistance sévit.

Plus précisément, dans les vergers où la pression du ravageur est faible, la confusion seule ou le virus servi seul, sont capables d’assurer une récolte saine et de prévenir la résistance. En revanche, dans les vergers bondés, la combinaison de ces deux moyens est nécessaire pendant plusieurs années successives pour rétablir le risque à un niveau tolérable. Toutefois, il faut retenir qu’en première année de lutte combinée, l’attaque à la récolte peut être élevée car le virus, peu rémanent et agissant lentement, laisse le temps aux larves de produire des dégâts.

Stratégies de prévention de la résistance

A présent, l’essentiel est de prévenir l’apparition de résistances par une lutte alternant des modes d’action de produits durant le cycle biologique de l’insecte. Dans nos conditions, le Carpocapse développe deux générations complètes et une troisième rendue partielle par la diapause des larves qui ne donneront des papillons qu’au printemps suivant. Cela impose donc l’utilisation de trois types de programmes de traitements distincts (P1, P2, P3, Figure 1, voir fichier PDF) par saison, faisant intervenir des insecticides différents mais impliquant un raisonnement prenant en compte la 2ème année (P4). L’abondance des insecticides homologués à cet effet permet cette alternance (Tableau 2, voir fichier PDF).

Le piégeage sexuel ne constitue pas la seule source pour raisonner les traitements mais demeure essentiel pour dégager le niveau du vol et les pics éventuels. Le contrôle des dégâts sur fruits et les bandes pièges sont d’excellents outils d’aide à la décision (Tableau 1, voir fichier PDF).