Stevia rebaudiana, une nouvelle plante sucrée au Maroc – Exigences, techniques culturales et potentialités

Semis et transplantation
Technique de semis

Plusieurs techniques de semis en pépinière ont été décrites mais la technique commune consiste à semer sur des bacs de semis dans un terreau spécial ou dans un substrat du sol de texture sablonneuse mélangé avec de la matière organique et à pH acide à neutre (4 à 7) et sous au moins 14 heures de lumière par jour. Les graines doivent être maintenues en surface et ne doivent pas être couvertes entièrement de terre puisqu’elles nécessitent la lumière pour leurs germinations.

Densité de plantation

La densité de plantation est un paramètre lié à l’objectif de production, les conditions environnementales et les techniques d’installation de la culture. L’installation de la stévia s’effectue dans la majorité des situations par transplantation de jeunes plantules issues de la pépinière. La transplantation se fait sur des billons de 50-60 cm de largeur et 15-20 cm de hauteur et couverts ou non d’un mulch en plastique permettant de limiter l’évaporation et le développement des adventices.

La densité de peuplement recommandée se situe entre 80.000 et 100.000 plantes/ha avec un écartement entre les lignes de 45 à 65 cm. Dans les systèmes pérennes à récoltes multiples, il est recommandé de semer à une densité de 50.000 plantes/ha. En conditions de culture au Maroc (Essaouira), la densité de plantation pratiquée a été de 3,7 plantes/m², mais en raison de la forte ramification de la culture, la couverture du sol est presque complète à 130 jours après transplantation.

Date de semis et de transplantation

La date de semis de la stévia dépend des conditions climatiques qui conditionnent la germination et la croissance des jeunes plantules. La date de semis optimale de la stévia est le début de printemps et la transplantation au champ est réalisée 6 à 8 semaines plus tard. L’été et l’automne sont à éviter puisque le premier est caractérisé par de fortes températures et une faible disponibilité en eau et le second coïncide avec des températures faibles limitant la germination et le développement de la plante.

Fertilisation

Les exigences en éléments nutritifs de la stévia sont faibles à modérés puisque cette culture croit sur des sols pauvres dans son habitat naturel. Cependant, en culture commerciale, la nécessité d’avoir des rendements élevés en feuilles impose l’apport de fertilisants, notamment l’azote (N), le phosphore (P) et le potassium (K), pour l’amélioration du rendement en matière sèche des feuilles.

Les besoins en N, P, et K diffèrent selon les conditions édapho-climatiques et l’objectif de rendement et doivent être raisonnés pour chaque situation. Au moment de l’accumulation du maximum de matière sèche, la composition de la stévia en N, P et K est de 1,4 %N, 0,3%P et 2,4 %K. La production d’une tonne de feuilles sèches nécessite en kg/ha 64,6 N, 7,6 P, et 56,1 K.

Au Maroc, le seul apport du fumier (60 tonnes/ha) au moment de la transplantation, sur un sol à texture équilibrée en limon et sable (environ 40 % de chacun) et relativement riche en matière organique (2,2 %), a permis la production de 1.938 kg/ha de matière sèche aérienne à la maturité des graines en première coupe de la première année, soit 968 kg de matière sèche foliaire pour un ration feuilles/tiges de 50 % et un peuplement de 37.000 plantes/ha. Par ailleurs, Il a été montré qu’il existe une étroite relation entre l’approvisionnement en éléments nutritifs et la l’accumulation des stéviosides dans les feuilles.