Gestion des grandes salles de traite au Maroc

Rendement de la salle et ses variations

Au cours de la présente étude, les animaux étaient répartis en 9 lots d’environ 200 vaches chacun. Compte tenu de la dimension et de la configuration des bâtiments, le suivi au chronomètre montre que pour ramener les animaux jusqu’à la salle de traite, il faut en moyenne 6 à 8 min quand le lot est proche de la salle et 12 à 13 min quand il est plus éloigné. Ces mesures ont été effectuées à une époque sèche de l’année où l’indice de locomotion est sans doute meilleur (aire de couchage et d’exercice sèches, moins de boiteries et d’infection de pieds).

D’autre part, il faut 3 min 50 s pour faire entrer les 80 vaches à traire dans le quai, 2 min 58 s pour le prétrempage et l’éjection des premiers jets de contrôle, 2 min 55 s pour l’essuyage aux lavettes, 2 min 43 s pour l’accrochage du faisceau trayeur, 1 min 43 s pour le postrempage, 26 s pour libérer les animaux des stalles, et 12 min 20 s comme durée de traite effective comptée depuis la pose de la griffe de la première vache et la dépose automatique de la griffe de la dernière vache du lot. D’une manière générale, un quai est libéré (temps morts compris), entre 16 et 17 min.

Dans la pratique, entre ces diverses opérations, il y a en fait chevauchement puisqu’on n’attend pas que toutes les vaches soient positionnées dans les stalles, pour commencer le prétrempage. Généralement, le travail de prétrempage (et les opérations suivantes) est lancé dès le positionnement des 5 premières vaches. Il se poursuit ensuite de façon progressive par groupe de 5 vaches au fur et mesure de l’arrivée des autres. Mais le temps effectif de traite du groupe est généralement commandé par la traite de la dernière vache positionnée du quai. De même que les deux quais sont gérés en même temps à tout point de vue, et non l’un après l’autre.

Globalement, le rendement horaire du poste est d’environ 4,40 VL/h, et celui de la salle est de 351 VL traites/h, soit un équivalent de 2800 VL/j. C’est un rendement très proche de celui annoncé par le fabricant du matériel, mais compté hors temps de nettoyage.

Le rendement d’une salle de traite est fonction du type et de la taille de celle-ci et du nombre de trayeurs. Avec une petite salle tandem 2 x 2 ou 2 x 3, conçue pour traire 30-40 vaches, le rendement est d’environ 10 V/h/poste, ce rendement passe à 6 V/h/poste avec une épi 2 x 5 et n’est plus que de 4,5 V/h pour une TPA de 2 x 14 avec 2 trayeurs. Par ailleurs, il ne semble pas y avoir d’écart considérable de rendement entre une grande salle de TPA et une grande salle rotative.

Comme facteurs d’influence de ce rendement, il y a l’esprit de corps au sein de l’équipe elle-même pour se relayer, les précautions prises pour éviter des dysfonctionnements momentanés (absence de dernière minute sans prévenir, insuffisance de cadence au moment de ramener les animaux dans l’aire d’attente, travail de routine en fosse peu soutenu par l’un des membres de l’équipe,…), le moment de la traite (matin, après midi, nuit), l’effectif du lot,…

L’introduction récente du chien électrique a aussi sensiblement amélioré le rendement de la salle (5 – 6 %). Il libère les trayeurs des va et-vient entre la fosse et l’aire d’attente, ce qui leur permet de se consacrer davantage à la traite.

Des facteurs indépendants de la volonté des trayeurs, tels que les décrochages intempestifs de faisceaux trayeurs pour microcoupures ou panne d’électricité, la panne de matériel, … peuvent également affecter le rendement global du quai.

D’une manière générale, à Mazaria (tableau 3), la traite de l’après midi prend un peu plus de temps que les deux autres, du fait entre autres, des interférences entre les ateliers pour la gestion des lots, des couloirs de circulation (raclage, allotement,…). On constate aussi, que les hautes productrices mettent un peu plus de temps pour être traites que les faibles ou les vaches en fin de lactation. Du fait que les animaux sont libérés en groupe, la présence de 2 à 3 vaches avec une vitesse de traite faible dans le lot peut augmenter la durée d’attente sur le quai et par conséquent baisser le rendement unitaire du poste, en particulier si elles sont les dernières à être positionnées dans les stalles. Le rendement est également tiré vers le bas quand le lot n’est pas exactement un multiple de 40, puisque le quai travaille pour un nombre plus réduit de vaches à la fin.