Rentabilité des élevages laitiers au Maroc: Cas du périmètre N’Fis (Haouz, Marrakech)

Les principaux résultats de cette étude sur la rentabilité de ce type d’élevage laitier montrent que le revenu agricole moyen est de 147.000 dh par exploitation. La contribution de l’élevage est de 45%. La marge brute est de 1.415 dh par UGB bovine. Le taux de rentabilité est de 39% par rapport au chiffre d’affaires et de 30% par rapport au produit de l’élevage non compris la valeur du fumier. Cette rentabilité est influencée d’une part par les charges d’alimentation et les salaires qui représentent 93% des charges totales opérationnelles et d’autre part par la valeur du lait vendu, la moyenne économique (2.383 litres) et l’effectif des vaches laitières. La vente du lait représente la moitié du produit de l’élevage en ne prenant pas en compte le fumier. La contribution de la vente des animaux est de 33%. Cette dernière est liée à la conjoncture climatique. Le prix de revient du lait est de 2,02 dh par litre. Il est influencé par le coût de l’alimentation qui représente 77% des charges affectées au lait. La productivité des fourrages verts est inférieure au potentiel exprimé par les cultures pratiquées (100 T/ha pour la luzerne et le bersim). Le coût de l’unité fourragère varie entre 0,72 et 2,14 dh suivant l’espèce fourragère et sa productivité (28 à 55 T/ha). Le système végétal est caractérisé par la prédominance de l’arboriculture qui contribue à raison de 86% au revenu des cultures avec une moyenne de 89.000 dh par exploitation. Les céréales et les cultures maraîchères participent respectivement avec 12 et 2%, une partie de la production est destinée à l’autoconsommation, surtout pour les céréales.

Introduction

L’étude porte sur une vingtaine d’exploitations de taille moyenne situées dans le périmètre irrigué du N’Fis, couvert en grande partie par les plantations d’oliviers et situé à proximité de la ville de Marrakech. Il couvre une superficie d’environ 300 ha, soit 1,4% de la superficie agricole utile totale de ce périmètre. La superficie moyenne par exploitation est de 15 ha et la plupart des agriculteurs enquêtés possèdent entre 6 et 24 ha. Seules deux exploitations disposent d’une superficie supérieure à 30 ha. Les principaux statuts juridiques des terres sont le Melk et le Guich. Ce dernier domine dans les communes de Tnine Oudaya et de Tamesloht.

Les plantations occupent les deux tiers des superficies cultivées. Elles sont suivies des céréales et des fourrages avec respectivement 17 et 16%, le maraîchage couvre moins de 1% de ces superficies. Ces cultures sont principalement pratiquées en sous étage, en association avec les oliviers qui couvrent la moitié de la superficie arboricole, le reste est occupé par les abricotiers et les pommiers.

Les troupeaux sont composés en moyenne de 8 vaches laitières. Les valeurs extrêmes sont respectivement de 14 et de 5 têtes. 80% des éleveurs de l’échantillon possèdent entre 6 et 10 vaches. La structure génétique du troupeau est caractérisée par la prédominance des races améliorées avec 98% de l’effectif total (Pures: 62%; Croisées: 36%) contre 2% seulement pour la race locale.

Les bâtiments d’élevage sont plus ou moins adaptés aux conditions de la région. Ils sont dans la majorité des cas construits en pisé et en dur. Toutes les exploitations sont dotées d’au moins un puits, souvent équipé de motopompe (3 à 6 pouces). Ces puits sont destinés à un double usage: domestique et d’irrigation de complément. Les débits fournis se situent en moyenne entre 8 et 12 l/s.

La mécanisation des travaux agricoles est relativement avancée, à l’exception des petites exploitations (moins de 5 ha) qui forment 78% des unités de ce périmètre. Sur les vingt exploitations de l’échantillon, sept disposent d’un tracteur et de son matériel d’accompagnement (charrues à disques, cover crop). La majorité des agriculteurs louent des tracteurs auprès des particuliers à raison de 90 à 120 Dh par heure de travail effective. En revanche, la traction animale est particulièrement importante dans les petites et moyennes exploitations. Elle est utilisée dans le transport des fourrages verts ainsi que dans le binage.

Le mode de faire valoir direct est dominant. La conduite du troupeau et l’exploitation des fourrages est confiée à une même personne. Celle des cultures est attribuée à un membre de la famille. 60% des exploitations emploient un salarié permanent pour s’occuper de l’élevage.