Valorisation de la figue au Maroc

Présentations commerciales des figues séchées et dérivés

Pour les producteurs, les variétés blanches sont enfilées en chapelets et commercialisées tout au long de l’année. Les figues colorées sont généralement autoconsommées et le surplus est vendu en vrac.

Les coopératives de séchage, mieux équipées, utilisent des emballages hermétiques divers de différentes capacités (boites en carton, sacs en plastique thermosoudés ou bien fermés à l’aide d’une ficelle ou d’un ruban adhésif). Les sacs en plastique sont parfois renforcés par des emballages en carton. Le stockage se fait à l’abri de la lumière et de l’humidité.

L’emballage et le conditionnement permettent de préserver les caractères organoleptiques des fruits, de maintenir l’activité de l’eau à un niveau faible et d’empêcher la recontamination. Les figues gardent ainsi une présentation commerciale attirante facilitant leur commercialisation en grandes surface ou à l’étranger.

La coopérative de Bouhouda a également produit, en faible quantité, de la patte de figue nature et de la patte de figue à l’huile d’olive vierge extra et plantes aromatiques dans des bocaux de verre.

Conclusion

La culture du figuier est bien adaptée au climat marocain et contribue largement dans le revenu de la population rurale des zones de production. Cependant, le développement de ce secteur nécessite l’amélioration de la qualité à tous les maillons de la filière pour gagner les marchés porteurs. Cela consiste, à l’amont, à améliorer la conduite culturale en verger (sélectionner les variétés performantes, taille, fertilisation). Ensuite, mener des actions de sensibilisation des agriculteurs pour améliorer les conditions de récolte, de transport et de séchage au niveau de l’exploitation.

Au niveau des coopératives de séchage, il est indispensable de veiller sur l’application des bonnes pratiques de fabrication (BPF) et des bonnes pratiques d’hygiène (BPH). Les BPF comportent le contrôle permanent, au niveau des différents stades de la fabrication, de tous les paramètres préalablement fixés permettant d’aboutir à la qualité souhaitée (concentration des solutions de trempage, température de séchage, qualité des emballages). Les BPH comportent l’hygiène des moyens de transport, des locaux de séchage et de stockage, de l’eau et du personnel. La lutte contre les insectes et les ravageurs doit être régulièrement pratiquée par un personnel spécialisé.

Enfin, les signes distinctifs officiels de qualité (Bio, AOC, AOP…) constituent, à l’avenir, un autre outil de valorisation de la figue pour que le secteur puisse devenir un vrai outil de développement des zones de montagne.

 Pr. Mohammed EL KHALOUI

Enseignant-chercheur, Ecole Nationale d’Agriculture de Meknès, Maroc