Sécurisation de la Production Céréalière à 60 Millions de Quintaux (Maroc, 1999)

Itinéraire technique optimal des céréales en irrigué

L’itinéraire technique recommandé en irrigué est relativement similaire à celui défini pour le Bour avec les particularités ci-après:

  • La céréaliculture en irrigué ne doit plus être considérée comme culture secondaire. La superficie des céréales doit représenter au moins 25% du total de la superficie irriguée.
  • La période propice de mise en place de la culture doit se situer durant le mois de Novembre d’où la nécessité de travailler le sol dès l’achèvement de la récolte de la culture précédente et effectuer la reprise suffisamment tôt pour pouvoir semer à temps.
  • La nécessité de procéder à un surfaçage des parcelles irriguée en gravitaire et d’éviter l’irrigation par Robta pour augmenter l’efficience de irrigation.
  • La nécessité de renforcer la dose de semis: 1,8 Qx/ha au lieu de 1,5 Qx/ha préconisé en Bour favorable.
  • La nécessité de renforcer et de fractionner les apports azotés. Ainsi, selon la richesse du sol, il est préconisé d’apporter 180 à 200 unités d’azote par ha en 3 apports: 1/3 au fond, 1/3 au tallage et 1/3 en montaison et de généraliser les traitements herbicides et d’étendre les traitements fongique sur au moins 30% de la superficie.
  • La nécessité d’appliquer 3 à 4 irrigations au moment opportun et en fonction des besoins.

Itinéraire technique optimal des céréales en Bour

Sur la base des résultats de la recherche et des itinéraires pratiqués par certains agriculteurs performants, il s’avère que certaines techniques culturales seront déterminantes dans le processus de production pour obtenir des rendements stables même en années difficiles. Il s’agit de ce qui suit:

Assolement – Rotation

L’assolement pratiqué actuellement est à prédominance céréalière avec une rotation à 70% en monoculture céréales sur céréales. Pour rationaliser l’assolement céréalier, il est nécessaire de mener une action de promotion des autres spéculations telles que les légumineuses alimentaires, les cultures oléagineuses, ainsi que la jachère travaillée. A titre indicatif, l’assolement objectif par zone serait comme suit:

  • Zone Bour Intermédiaire allant de Safi à Benslimane: 1/3 jachère travaillée et 2/3 céréales;
  • Zone Bour Favorable (Zaers, Saïs, Gharb): 1/3 Légumineuse/Oléagineuses et 2/3 des céréales.

Ce système de culture permettrait de mieux gérer le temps concernant les travaux de sol, d’économiser l’eau pour la campagne suivante et de faciliter les travaux de reprise et de mise en place de la culture.

Travaux précoces du sol

Les travaux précoces du sol sont d’une importance capitale dans la réussite de la céréaliculture. En effet, ils présentent les avantages suivants:

  • Economie de l’eau;
  • Réduction du coût de l’opération;
  • Facilité de la reprise du sol.

Aussi, est-il recommandé de travailler la jachère dès le mois de Mars-Avril et les chaumes à partir de Juin-Juillet de manière à terminer la première façon vers fin Septembre.

Mise en place de la culture

L’expérience a montré que les semis précoces des céréales ont toujours donné des résultats satisfaisants. En effet, des semis durant la période allant du 20 Octobre à fin Novembre ont enregistré des rendements largement supérieurs à ceux obtenus pour les semis tardifs.

Dans le cas de retard de pluies, Il est impératif de procéder à des semis à sec. La réussite de cette technique est conditionnée par le placement des graines à une profondeur suffisante (environ 5 cm) et le passage du rouleau pour permettre un bon contact sol-graine.

La qualité des semences est déterminante dans l’amélioration de la productivité des céréales. Le taux d’utilisation des semences certifiées reste très faible (10%) alors que le taux recommandé pour les blés se situe aux alentours de 30%. Des actions ciblées, particulièrement au niveau des zones sécurisables doivent être renforcées pour l’intensification de l’utilisation des semences certifiées.
La qualité des semences de ferme peut être améliorée par des opérations de tamisage et de traitements chimiques.

L’utilisation des engrais de fond reste faible et les formules généralement utilisées, ne sont pas toujours adaptées aux besoins de la culture. Aussi, est-il recommandé de promouvoir les analyses du sol et les formules moyennes plus appropriées au niveau local.

Entretien des cultures

La céréaliculture enregistre un retard très prononcé en matière d’entretien. En effet, les quantités des engrais azotés et des produits phytosanitaires utilisés sur les céréales restent insignifiantes en comparaison avec ses besoins réels. De plus, les conditions d’application ne sont pas généralement adéquates, ce qui se traduit par des pertes considérables.

Le présent Programme vise à augmenter les doses des engrais azotés et généraliser leur application. Concernant la lutte contre les mauvaises herbes, le Programme vise à généraliser l’utilisation précoce des herbicides anti-dicotylédones et l’application des anti-monocotylédones sur au moins 30% des superficies. Quant à l’application des fongicides, la technique reste ignorée par la majorité des agriculteurs. Il est recommandé de traiter au moins 30% des superficies en cas d’infestation.

Récolte et stockage

Des pertes importantes sont enregistrées lors de la récolte des céréales à cause du mauvais réglage des moissonneuses batteuses et de la vitesse excessive de travail. Ainsi, il est recommandé de procéder à des contrôles techniques des moissonneuses batteuses par des spécialistes désignés à cet effet et à la formation de leurs chauffeurs en matière de réglage.

Le stockage est une opération à mener avec beaucoup de soins pour réduire les pertes importantes dues essentiellement à des ravageurs (teigne, charançon,…) et préserver la qualité de la production.