Sécurisation de la Production Céréalière à 60 Millions de Quintaux (Maroc, 1999)

Programme d’action

Pour atteindre l’objectif de sécurisation d’une production céréalière de 60 millions de quintaux et compte tenu des principales contraintes identifiées dans ce domaine, le programme d’action proposé s’articule autour des principaux axes suivants:

  • L’adoption d’itinéraires techniques appropriés par les agriculteurs;
  • L’amélioration de l’environnement économique de la filière céréalière,

En outre, le développement de l’irrigation de complément des céréales, en optimisant toutes les possibilités de mobilisation des eaux superficielles et souterraines, permettra d’augmenter ce potentiel sécurisable.

Financement

Pour pallier le sous-financemnt caractérisant l’activité céréalière et aggravé par la fréquence des années de sécheresse, il est proposé ce qui suit:

  • Dans le prolongement des mesures d’annulation de la dette des petits agriculteurs, conjuguées à la mise en place d’un nouveau système de garantie de la production céréalière, la facilitation de l’accès au crédit au profit des agriculteurs céréaliers situés dans les zones à haut potentiel de production retenues par le Programme, à travers une densification du réseau et la compression des délais;
  • Révision à la hausse des normes de crédit de campagne et leur adaptation selon les régions, en fonction du potentiel de production et des investissements nécessaires pour l’extérioriser.

Par la suite, il y a lieu d’examiner les possibilités d’un traitement profond de la dette des agriculteurs et d’une amélioration des conditions d’octroi des crédits, notamment en ce qui concerne les taux d’intérêt. La réforme en cours du crédit agricole offre l’opportunité d’une telle approche.

Garantie de la production céréalière

Un nouveau système de garantie de la production céréalière contre la sécheresse sera lancé en 1999-2000 sur une superficie de 300.000 ha. Il implique les principales mesures suivantes:

  • Soutien aux cotisations des agriculteurs à hauteur de 50%, ce taux sera réduit de 10 points par an;
  • Constitution d’un fonds géré par la MAMDA, avec une contribution annuelle de l’Etat, estimée à 120 millions de Dh/an, qui cessera chaque fois que les disponibilités dépassent 450 millions dh, soutenu par une réassurance internationale;

Le nouveau système de garantie prévoit également:

  • L’extension de la couverture aux orges, en plus des blés;
  • La liaison obligatoire entre la garantie et le crédit agricole pour la totalité des superficies céréalières financées;
  • La pluriannualité de l’adhésion au système de garantie;
  • La prorogation des délais d’adhésion au 15 Décembre de chaque année au lieu de 30 Novembre;
  • La fixation de trois montants garantis (1000, 2000, et 3000 Dh/ha) et la création de deux niveaux supplémentaires (4000 et 5000 Dh/ha) hors programme géré par la MAMDA;
  • La fixation de montants d’adhésion à des niveaux très accessibles aux agriculteurs (60, 120 et 180 Dh/ha).

Adoption d’itinéraires techniques appropriés

Partant de la situation actuelle en matière de conduite des céréales en Bour et en irrigué, des objectifs par opération ont été fixés (Tableaux 5 et 6, voir fichier PDF). Les actions à entreprendre pour atteindre ces objectifs seront axées sur:

– La mise en oeuvre de campagnes intenses de sensibilisation;

– La formation des techniciens et des agriculteurs en matière d’intensification des céréales;

– Un encadrement de proximité des agriculteurs.

Ces actions seront focalisées sur l’irrigué et le Bour à haut potentiel céréalier, étant à souligner que les autres régions feront l’objet d’actions spécifiques en fonction de leur vocation naturelle (oléiculture, élevage, etc.).

Mécanisation des travaux agricoles

Le parc de tracteurs existant au niveau des zones du Programme de Sécurisation de la Production des Céréales reste insuffisant. Il est caractérisé par sa vétusté, une insuffisance en nombre et sa faible puissance, aggravées par les disparités régionales. Les besoins en tracteurs au niveau de ces zones ont été estimés à 51.000 unités, alors que le parc actuel n’est que de 36.000 unités, soit un déficit de 30 %.

Comparé à la norme FAO, qui est de 0,5 CV/ha, le taux de mécanisation au niveau de ces zones, estimé à 0,35 CV/ha, reste faible. Par ailleurs, il a été observé un ralentissement important dans l’équipement des exploitations en matériel agricole.

Le parc des semoirs ne dépasse pas 3.200 unités, soit 1 semoir pour 11 tracteurs. Celui des moissonneuses batteuses est insuffisant et marque une stagnation frappante au cours de la décennie 90. Ce parc, qui s’élève à 3.080 unités, correspond à une moissonneuse batteuse pour 650 ha contre la norme recommandée de 450 ha. Le parc des pulvérisateurs s’élève à 6.800 unités, ne représentant qu’une unité pour 5 tracteurs; les traitements sont généralement effectués à l’aide des pulvérisateurs à dos.

En raison du caractère déterminant de la mécanisation pour l’intensification des cultures céréalières (mise en place, entretien, récolte) et de l’insuffisance notoire du parc national de matériel agricole, le Programme recommande:

  • L’encouragement de l’utilisation des semoirs, des rouleaux et des pulvérisateurs à travers le relèvement du taux de subvention à 50% pour les individus et 60% pour les groupements et coopératives;
  • La révision du régime de crédit pour l’acquisition du matériel agricole à travers l’étalement de la durée d’emprunt;
  • La promotion et l’encouragement des coopératives d’utilisation de matériel agricole et des entreprises de travaux agricoles;
  • L’organisation d’une campagne de mobilisation du parc existant de matériel de labour pour permettre une installation précoce des cultures et éviter les sécheresses saisonnières, notamment celles de fin de cycle. Les autorités locales, les services techniques, les élus, les Chambres d’Agriculture, les organisations professionnelles et les coopératives céréalières sont appelés à y contribuer. D’autres mesures sont nécessaires à moyen terme pour le renforcement de la capacité de travail mécanique, à travers notamment l’encouragement de l’implantation d’entreprises de travaux agricoles.