Le Semis Direct: Une technologie avancée pour une agriculture durable au Maroc

Semis direct et conservation/qualité de l’eau

La ressource eau demeure le facteur limitant la production céréalière en zone semi-aride marocaine. L’isolement de la surface du sol par un mulch de résidus végétaux provoque un ombrage du sol, réduit la turbulence éolienne et limite les échanges entre le sol et l’atmosphère. La limitation des transferts thermiques et hydriques entre le sol et son milieu ambiant extérieur favorise l’accumulation de l’eau et retarde l’évaporation et le réchauffement du sol.

Le semis direct sauvegarde l’eau en améliorant l’infiltration. Avec l’amélioration des propriétés de rétention d’eau du sol sous semis direct, plus d’eau sera stockée. Le tableau 3 (voir fichier PDF) démontre l’importance du non-labour dans l’amélioration du stockage d’eau par la jachère.

Semis direct et qualité du sol

En supprimant le labour, et par conséquent l’enfouissement des résidus de récolte et des parties aériennes des adventices, il y a une accumulation en surface du carbone organique par rapport au travail du sol classique (Figure 5, voir fichier PDF). Le non-labour réduit la minéralisation de la matière organique de l’ancienne couche travaillée. Ceci peut être expliqué par les nouvelles conditions édaphiques (température, humidité et aération) qui se développent sous non-labour pour le fonctionnement des populations microbiennes. En effet, l’augmentation en matière organique provoque une amélioration de la biomasse microbienne à la surface du sol. Ces améliorations biologiques et biochimiques du sol affectent très positivement la structure du sol qui devient très bien agrégée (Figure 6, voir fichier PDF). L’enrichissement en azote, en phosphore et autres éléments nutritifs est une autre conséquence qu’induit l’adoption du semis direct.

Le paillis ou biomasse sèche en surface constitue le moteur biologique essentiel du semis direct en améliorant les propriétés des trois phases du sol (matrice, air et eau), en plus de la partie biologique. C’est à travers ces améliorations que les systèmes de culture deviennent durables, voire pérennes.