Le Semis Direct: Une technologie avancée pour une agriculture durable au Maroc

Semis direct et adoption

Les effets micro-économiques très positifs associés au semis direct permetteront un développement du milieu rural marocain en améliorant la productivité de la terre et du travail, en réduisant les temps et la pénibilité des travaux et aussi en garantissant une diversification des productions agricoles.

A travers le monde, la superficie des terres sous le non-labour a augmenté de 2,2 millions d’hectares en 1974 à 40 millions d’hectares en 1997 (Figure 7, voir fichier PDF). Les techniques de semis direct peuvent être ajustées pour des conditions pédo-climatiques variées. Les différentes institutions internationales essayent d’internationaliser le semis direct.

Les avantages associés au semis direct seront la garantie d’une acceptabilité et d’une diffusion rapide de cette technologie. Ce système sera l’origine d’une nouvelle révolution agraire au Maroc comme c’était le cas au Brésil, en Argentine et dans d’autres pays en développement.

Cependant, il faut signaler que deux problèmes majeurs peuvent retarder l’adoption du semis direct au Maroc: la disponibilité des semoirs directs adéquats et la gestion des résidus. En plus, la gestion et l’entretien de la culture doivent être bien appréhendées par les agriculteurs à travers des actions de formation et de sensibilisation.

Conclusions

L’ancienne méthode de labour intégral qui laisse la surface du sol exposée à l’érosion doit être abandonnée. L’utilisation de paillis de chaume, destinés surtout au début à réduire l’érosion, doit devenir une pratique courante. Le semis direct améliore la productivité du sol en réduisant l’érosion hydrique et éolienne, le tassement et le compactage. Il améliore aussi la stabilité structurale, la porosité, la portance, la teneur en humus, l’activité biologique, le peuplement de vers de terre et l’enracinement.

En outre, les systèmes de semis direct permettent une économie d’énergie et de force de traction du fait que seule une zone très réduite est travaillée par les éléments d’enterrage du semoir. Il diminue donc les coûts de production en réduisant la capacité de travail, le nombre de passages, les besoins en main-d’œuvre, l’usure du matériel et la consommation de carburant. Le semis direct permet aussi de maintenir les objectifs de production et de protéger la qualité de l’environnement en aval et en amont. Le tableau 4 (voir fichier PDF) compare les systèmes de semis direct, de labour simplifiés ou minimum labour et les labours classiques.

L’agriculteur marocain, en adoptant le semis direct, s’intègre dans une nouvelle approche d’exploitation de ses terres. En effet, en arrêtant de faire les labours, l’agriculteur commencera une nouvelle stratégie de gestion des cultures et des terres pleine de promesses et de performances. En adoptant le semis direct, l’agriculteur marocain produira pour sa famille et pour les générations futures.

Dr. Rachid MRABET , Maître de recherche
INRA/Centre Aridoculture, Settat