L’Agriculture Biologique au Maroc: Situation actuelle et perspectives futures

Les Contraintes du secteur

L’Agriculture Biologique est confrontée à plusieurs contraintes, les plus importantes à mon avis sont d’ordre institutionnel, réglementaire, agronomique et commerciale.

Sur le plan institutionnel, il est devenu impératif que le Ministère de l’Agriculture accorde à cette nouvelle activité agricole l’importance qu’elle mérite. La mise en place d’une cellule ou d’un Département spécialisé dans ce domaine est devenue une nécessité. Ce Département pourrait jouer l’interlocuteur avec les professionnels, rassembler les données et les statistiques relatifs aux produits bio et tracer la stratégie nationale à suivre sur le moyen et le long terme. Il n’y a pas de pays qui s’est lancé dans l’Agriculture Biologique et qui ne dispose pas de structures institutionnelles spécialisées dans ce domaine. Les grands pays producteurs et exportateurs ont des cellules de suivi et de communication même au niveau des ambassades.

Ce secteur doit également profiter de certaines facilités et subventions, au moins pour l’importation des inputs (bio-pesticides, engrais organiques etc.) qui sont généralement beaucoup plus chers que les produits conventionnels. Les charges pendant les années de conversion sont lourdes, par conséquent l’état doit intervenir pour alléger ces charges par des subventions. Mais le besoin pour une réglementation nationale est probablement le plus urgent. Tant que cette réglementation n’ait pas vu le jour et qu’elle ne soit pas reconnue par les instances européennes, les procédures et les coûts de certification et d’inspection resteront un handicap majeur pour le développement de ce secteur.

Sur le plan commercial, les associations de professionnelles, en collaboration avec les instances officielles, doivent se pencher incessamment sur l’identification et le développement d’un LOGO pour le Maroc. Les produits marocains ont beaucoup à gagner d’avoir leurs propres identités à l’instar de ce qui est en vigueur dans les autres pays.

Sur le plan agronomique, la plupart des producteurs, n’ayant jamais reçu de formation spécialisée dans ce domaine, ne maîtrisent pas encore les techniques de production biologique, par conséquent il y a un besoin énorme pour l’assistance technique, le transfert de technologie et la formation.

La non-maîtrise des techniques de production n’est cependant pas le seul facteur technique limitant de l’Agriculture Biologique au Maroc. Le manque d’intrants spécifiques (fertilisant organiques, bio-pesticides etc.), la cherté de ce qui est disponible sur le marché et la complication des procédures d’homologation de nouveaux produits sont d’autant plus contraignants que même les plus avertis des producteurs n’arrivent pas à adopter une gestion intégrée comme il se doit.