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mardi, octobre 19, 2021

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Utilisation de l’Ultra léger motorisé (ULM) pour les traitements aériens L’expérience des Domaines Agricoles

Les types d’appareils testés

Faute d’expérience au départ, le premier type d’ULM introduit aux Domaines Agricoles a été le Weedhopper Ultralair. Mais cet appareil a très vite montré ses limites (moteur à 2 temps ou à 4 temps mais de faible puissance, manque de pièces de rechange, difficultés de réparation) et remplacé définitivement par le Zenair CH701-AG Stol (Tableau 1, voir fichier PDF).

Le Zenair CH701-AG Stol est un biplace de type côte à côte (side by side), 3 axes, à pilotage par gouvernes aérodynamiques. Son poids à vide est de 209 kg et son autonomie de vol est de 6 h. Il est équipé d’un système tractif composé d’un moteur Rotax 912 à double allumage électronique, d’une puissance de 80 ch., d’un réducteur et d’une hélice tripale en bois traité. Sa vitesse de manœuvre est de 136 km/h. L’envergure de l’aile est de 9,30 m, sa voilure (de type aile haute rectangulaire sans flèche) est en tôle d’aluminium. Le train d’atterrissage est un tricycle fixe, équipé de pneumatiques basse pression, dits de brousse.

Equipements pour la pulvérisation

Pour en faire un appareil à usage agricole, l’ULM a été équipé par le constructeur d’une cuve de 150 L pour l’épandage de produits liquides, d’une petite pompe à déclenchement manuel, placée dans l’habitacle près du pilote, d’une rampe de pulvérisation en alliage d’une largeur de 9,30 m, équipée de 32 buses interchangeables à fentes, espacées de 25 cm. L’appareil peut épandre des bouillies pouvant aller de 10 à 30 L/ha, en fonction de la pression, de l’ouverture de la buse et de la vitesse de traitement.

Rendement de l’appareil au champ

Outre ses caractéristiques intrinsèques (puissance, aérodynamique, volume de la cuve, largeur de travail, vitesse, …), de nombreux facteurs externes interfèrent sur les performances d’un ULM pour en améliorer ou en limiter le rendement sur le terrain, exactement à l’instar d’un avion agricole classique.

Le rendement est manifestement plus élevé par temps calme, piste de décollage sise à proximité de la ferme, parcelles de grande superficie, dégagées, sans obstacles, et traitement confié à un pilote chevronné aidé par une équipe d’assistance au sol très habile.

Le vent, l’éloignement de la piste, l’exiguïté et la forme biscornue des parcelles, les obstacles naturels tels que les brise-vent, les fils électriques, les terrains trop accidentés, sont par contre autant de facteurs de baisse du rendement de l’appareil.

Le tableau 2 (voir fichier PDF) présente la performance que le Zenair 701 AG-Stol, peut atteindre en conditions optimales de traitement (ferme de Hamma dans le Gharb, très peu ventée, parcelles de 500 à 800 m de long, piste in situ, pas de brise vent, remplissage de la cuve au sol en temps record): il faut en moyenne 83 s pour charger la cuve, 12 s pour décoller, environ le double pour atterrir, 90 s pour rejoindre la parcelle et autant pour revenir, 300 s pour épandre les 150 L de produits sur la culture, auxquels il faut ajouter 5 s de temps mort. Ce qui conduit à des performances de l’ordre de 25 à 30 ha/h et 200 à 250 ha/j.

Ce n’est plus le cas dès lors que l’ULM évolue sous contraintes ou dans des conditions moins optimales. Le rendement de l’appareil est alors tiré vers le bas et peut varier dans de très larges limites (10 à 150 ha/j), en fonction de l’importance des difficultés rencontrées sur le terrain, comme le montrent les résultats obtenus au Domaine Ouled Cheddad (ferme souvent ventée, parcelles irrégulières, piste éloignée, équipe au sol moins efficace…). Il peut même être nul par temps venté toute la journée. Dans plusieurs régions, il arrive parfois que l’appareil reste cloué au sol (et le producteur sur ses nerfs), 2 à 3 journées consécutives, malgré l’urgence de l’opération et la menace des maladies ou des ravageurs sur des centaines d’hectares de cultures.

Activités du projet ConserveTerra

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