Productivité et rentabilité du maïs ensilage conduit en goutte à goutte dans les sables de Larache

Productivité et qualité

Divers niveaux de productivité ont été notés durant les deux années d’expérience vécues à Mazaria (Tableau 7). Ils sont liés surtout à la variété, à la date de semis, mais parfois aussi aux conditions de terrain. Globalement, les meilleures productivités (50-60 t/ha) sont obtenues avec les hybrides de cycle long semés en pleine saison (avril).

Toutes choses égales, la productivité est également fonction de la qualité des sables. Elle est à son maximum (73 t/ha) sur le sable noir des dépressions riche en humus et insignifiante (<5 t/ha) sur le sable pur de débordement de l’oued, du moins tant que ce dernier n’est pas suffisamment enrichi en engrais et en oligo-éléments.

Sur ces bouts de terrain extrêmement pauvres, il faut en général deux campagnes successives pour que la culture réponde à l’injection d’engrais par une augmentation significative de productivité (> 15t/ha).

Pour les maïs d’été, la productivité est fortement affectée quand les semis sont effectués au-delà du 10-15 août. Plus le semis est tardif, moins il y a de productivité, même si le potentiel de l’hybride est élevé. Les exemples sont ici illustrés par Panama et Pardi (Tableau 7). Semés fin août, le rendement réel obtenu n’a pas dépassé 20 t/ha, alors que le potentiel de ces deux hybrides est au moins le double de ce chiffre.

La qualité de l’ensilage est fortement affectée en cas de semis tardifs de fin août/début septembre, en vue d’une récolte de novembre/décembre. Du fait des amplitudes thermiques hivernales (5°C la nuit, 25°C le jour), même si la plante arrive à cumuler son besoin en somme de températures, elle réagit qualitativement par des épis de petite taille, mal fécondés et mal remplis, un ratio épi/tige beaucoup plus faible et par un dessèchement parfois grave du feuillage (fonction de la sensibilité de l’hybride).

En cas de pluie associée au vent, la qualité peut être dégradée davantage par suite de la verse mécanique et des difficultés de coupe et de ramassage au moment de la récolte. A Mazaria, l’ensilage issu de ces semis tardifs est d’ailleurs stocké de façon séparée et utilisé pour nourrir la catégorie d’animaux la moins exigeante en énergie, entre autres les génisses et les vaches taries.

Vu sous l’angle de sa qualité nutritionnelle, l’ensilage produit dans les sables de Larache est riche en énergie (UFL = 0,91), eu égard au référentiel utilisé en France pour le calcul de l’alimentation des vaches laitières (Tableau 9, ligne 2), et sensiblement inférieure à la norme pour les protéines digestibles dans l’intestin (PDIN et PDIE), en calcium et phosphore.