Productivité et rentabilité du maïs ensilage conduit en goutte à goutte dans les sables de Larache

Fertilisation

D’une manière générale, les sols sont sableux non salés, pauvres en azote minéral, en K, plutôt assez bien pourvus en P, très riches en Ca et en Mg, de teneurs globalement moyennes à élevées en Fe et dans l’ensemble pauvres en Mn et en Cu, et surtout très pauvres en Zn (Tableau 3).

Bien que l’apparition des carences en zinc et en phosphore, sur le maïs au stade jeune plantule, soit connue depuis fort longtemps, dans ces sols sableux chimiquement pauvres, la culture a réagi la première année au manque de Zn (et dans une moindre mesure au manque de P), par une chlorose inquiétante des 3 premières feuilles. Le problème a concerné aussi bien les semis de printemps que les semis d’été. L’étendue et l’intensité du phénomène semblent différentes selon la qualité physique du sol, mais aucune parcelle n’a été épargnée.

Dans les parcelles renfermant un peu d’argile et de matière organique, le jaunissement dure 2 à 3 semaines, pour ensuite disparaître avec la formation de la cinquième ou la sixième feuille, en particulier en cas d’application de cocktail d’oligo-éléments riches en Zn et en P, voire même de sulfate de zinc seul, ou en mélange avec du phosphate mono-ammonique (MAP).

Lorsque cette crise «zincique» n’est que passagère, le maïs se rétablit et manifeste une capacité spectaculaire à retrouver sa vigueur. Tout se passe par la suite, comme s’il n’y avait jamais eu de crise zincique ou phosphorique au stade jeune.

C’est dans les poches de sable pur (résultant du débordement de l’oued) et les bandes fortement remaniées lors de la mise en place des conduites de PVC alimentant le goutte à goutte (avec une remontée de sable calcaire du sous sol), que la carence était particulièrement grave et dure jusqu’à la fin du cycle. Les plantes restent rabougries et chlorosées en dépit d’applications répétées de phosphore et de zinc.

D’autre part, globalement on constate que la carence était plus accentuée la première année et tend à s’estomper la deuxième année, vraisemblablement grâce aux effets cumulatifs de l’injection continue du sulfate de zinc avec l’eau d’irrigation.

C’est entre le stade 5/6 feuilles et le brunissement des soies qu’un maïs prélève l’essentiel de ses besoins en minéraux NPK. D’où l’intérêt d’un rythme d’injection plus soutenu des engrais durant cette période, qui compte en général 60 à 40 jours selon que l’hybride est de cycle long ou de cycle moyen.

Voici le principal programme de fertilisation testé dans cette première expérience:

  •  Pour le NPK, au total, la culture reçoit une dose autour de 200-250 Unités/ha d’azote, 80-110 U/ha de phosphore et 220-250 U/ha de potasse. Les engrais utilisés sont l’ammonitrate 33,5 %, le DAP 18-46-0 et un mélange binaire entre sulfate et chlorure de potasse dans la proportion 1/4 -3/4.
  •  Un apport de 50-60 U d’azote, 40-50U de phosphore et 60-70U de potasse est effectué au semis puis 60 U de N, 40 de P2O5 et 70U de K2O au stade 4/5 feuilles. Le reste de l’engrais est apporté par injection dans l’eau d’irrigation entre ce stade et le grain laiteux.
  •  En plus de l’apport du NPK, la culture a fait l’objet d’injection régulière de sulfate de zinc, d’applications foliaires de cocktail commercial, de sulfate de zinc ou de mélange entre ce dernier et le MAP, particulièrement la première année.