Conduite technique et inventaire des variétés marocaines locales de figuier dans quatre principaux sites de production (Chefchaouen, El Jadida, Ouezzane et Taounate)

MATÉRIELS ET MÉTHODES

Les provinces sélectionnées de Chefchaouen, Taounate et Ouezzane constituent les principaux pôles de production des figues au Maroc, caractérisées par une grande diversité variétale et un savoir-faire ancestral en termes de séchage et de valorisation des figues. La province d’El Jadida a été choisie d’une part pour l’importance attribuée récemment à la culture du figuier dans le cadre du PMV à travers la réalisation de nouvelles plantations et l’établissement d’unités de valorisation et de plates-formes de commercialisation, et d’autre part pour sa proximité géographique des grands marchés (Casablanca, Rabat, Marrakech…).

La province d’El Jadida se caractérise par un climat semi-aride, un hiver tempéré et assez doux et un été généralement chaud et sec. La pluviométrie moyenne est de 280 mm (moyenne sur 20 ans) caractérisée par une grande irrégularité inter et intra-annuelle. La température moyenne annuelle est de 18 °C avec un minimum de 4 °C et un maximum de 40 °C. Le figuier est planté en majorité dans des sols peu à moyennement profonds, de type sablonneux légèrement argileux par endroits avec des affleurements caillouteux moyens. Dans le cadre de notre travail nous avons sélectionné, en consultation avec les services concernés, le douar Sidi Ali Ben Youssef (commune rurale de Sidi Ali ben Youssef) et le douar Charika (commune rurale de Boulaouane).

La province d’Ouezzane, située au cœur de la zone pré-rifaine, se caractérise par un paysage de collines et de coteaux d’une altitude généralement inférieure à 350 mètres. Le climat est de type méditerranéen, la pluviométrie moyenne annuelle est toujours supérieure à 350 mm et les variations interannuelles sont importantes (écart type: 343,5 mm). Les sols sont majoritairement calcimagnésiques à caractères vertiques au sommet des collines et calcimagnésiques dans les zones de moindre altitude. Le figuier s’étend dans la province d’Ouezzane sur une superficie de 3 500 ha. Le cercle de Zoumi a été choisi dans le cadre de cette étude à travers les douars Beni kaoulach (commune de Kalaât Boukoura) et Ouled bensbika (commune de Zoumi).

La province de Chefchaouen est située sur la chaîne montagneuse rifaine d’une structure géologique relativement récente, sont formées de couches siliceuses et calcaires très accidentées avec des sommets dépassant parfois 2 000 m. Le climat est humide en hiver et sec en été, les précipitations oscillent entre 900 et 1 300 mm/an. Ces fortes précipitations, conjuguées aux caractéristiques morphologiques du terrain, exposent cet espace rifain au phénomène de l’érosion et de l’éboulement. La superficie totale du figuier dans la province est estimée à 7 500 ha. Les exploitations enquêtées ont concerné deux douars au niveau du cercle de Beni Ahmed, Douar Boulida (commune rurale de Mansoura) et Douar Tar Tkaalou (commune de Beni Ahmed Charquia).

La province de Taounate, première zone de production des figues au Maroc, avec une superficie de 22 230 ha, est formée par un système de terrasses étagées et discontinues dominées par de basses collines. Le climat appartient à l’étage bioclimatique subhumide à hiver tempéré. La pluviométrie annuelle est entre 289 et 1 122 mm, les températures maximales moyennes sont de l’ordre de 36,1 °C pour le mois le plus chaud (Août) et 5,5 °C pour le mois le plus froid (Janvier) et la moyenne annuelle est de 17,4 °C. Les exploitations enquêtées se trouvent au niveau des douars Bouhouda et Ouled Hssayen relevant de la commune rurale de Bouhouda, réputée pour la diversité des variétés du figuier et la grande importance donnée par les agriculteurs au séchage des figues dont la coopérative la plus ancienne date de 2007 et abrite le plus ancien festival des figues au Maroc (depuis les années 70’s).

A cause de l’absence de données exactes sur le nombre d’agriculteurs cultivant le figuier dans chaque zone, un échantillonnage aléatoire a porté sur un total de 72 agriculteurs, à raison de 18 par zone.

MÉTHODOLOGIE

Caractérisation des exploitations

Les données collectées dans le cadre de cette étude ont porté sur la typologie de l’exploitation, la conduite technique adoptée, les aspects de valorisation et la commercialisation des figues.

Pour identifier et caractériser les variétés, on s’est basé sur les informations locales relatives au nom donné par la population autochtone pour chaque variété, son aire géographique, le type d’arbre, le type de fructification, la période de maturité des fruits et la productivité des variétés déclarée par les producteurs enquêtés et les aspects de valorisation et de commercialisation des figues.

Paramètres mesurés

Une fois les variétés identifiées et recensées dans chaque région, on a procédé à la caractérisation de l’arbre, des feuilles, et des fruits. La caractérisation concerne les figues fleurs et les figues d’automne. L’arbre choisi au hasard doit avoir un bon état sanitaire et être en pleine production.

  • Cas de la Feuille: les paramètres ont porté sur: le nombre de lobes et leurs profondeurs, la longueur de la nervure principale de la feuille, la longueur du pétiole et la surface foliaire (Figure 2). Pour ce faire, nous avons pris cinq feuilles adultes par variété, une feuille par direction (Nord, sud, est, ouest) et une de l’intérieur de l’arbre. 
  • Cas du Fruit: sur un échantillon de cinq fruits représentatifs par variété, prélevés comme dans le cas des feuilles, les mesures ont porté sur le poids à l’aide d’une balance de précision, le diamètre équatorial à l’aide d’un pied à coulisse, la forme, la longueur, l’ostiole, le pédoncule, le col, la couleur de l’épiderme, la présence ou l’absence des fissurations sur l’épiderme, la couleur et la texture de la pulpe, et l’indice réfractométrique à l’aide d’un réfractomètre digital HI96801.

L’analyse des données a été réalisée à l’aide des programmes Excel et XLSTAT incluant la conception d’une base de données, l’analyse en composantes principales (ACP) et la classification ascendante hiérarchique (CAH).

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