Compostage et Valorisation du Compost: Pratiques d’une agriculture durable

Principales règles pour un compostage dans une exploitation agricole

Principales règles pour un compostage dans une exploitation agricole

La première chose à faire, c’est de trouver un bout de terrain bien plat. C’est là que vous mettez votre tas de compost. Peut être voudrez-vous bâtir une plate-forme surélevée, qui laisse l’air circuler sous le tas de compost. Faites en sorte que le tas de compost soit aussi près que possible de votre champ. Il doit aussi se trouver près d’une source d’eau (25 mètres). L’aire de compostage doit être imperméabilisée pour éviter que les lixiviats (lorsque le tas n’est pas sous abri) s’infiltrent dans le sol. Le plastique des serres peut être réutilisé pour couvrir l’aire de compostage. Une légère pente permettant de récupérer les lixiviats par un système simple de drainage est aussi recommandée.

En ce qui concerne les matières premières à mettre en tas on a besoin de deux sortes de matières pour faire le tas: celles qui contiennent beaucoup de carbone, et celles qui contiennent beaucoup d’azote. Les matières riches en carbone sont les tiges de maïs et d’autres céréales, la paille ou tout simplement un fumier pailleux. Les matières riches en carbones sont généralement brunes et sèches (les feuilles vertes ou l’herbe, les déchets des légumes et le fumier). Les matières riches en azote sont généralement vertes et humides. Rappelez-vous cependant que le fumier non pailleux est une matière riche en azote. Vous devrez utiliser deux à trois fois plus de matières riches en carbone que de matières riches en azote dans votre tas de compost. Amenez toutes les matières que vous trouverez et pour accélérer la fabrication du compost, hachez-les en petits morceaux à l’aide d’une machette ou d’une hache, et mélanger tout cela complètement. Il est clair que le procédé peut être mécanisé si les quantités de matières premières à composter sont importantes. Ce cas peut être également avantageux pour un compostage collectif intéressant un groupement d’agriculteurs ou d’éleveurs.

Maintenant vous pouvez faire votre tas de compost. Empilez les matières mélangées jusqu’à obtenir un tas d’un mètre et demi de haut. La hauteur du tas et importante. Si le tas fait moins d’un mètre et demi de haut, il faudra plus de temps pour faire du compost. Le tas doit avoir environ un mètre et demi de largeur. La longueur dépendra de la masse à composter. Une longueur minimale de 1 mètre et demi est requise. C’est mieux de ramasser assez de matières pour faire le tas en une seule fois. Si vous faites le tas petit à petit, les germes de maladies et les insectes ne mourront pas, et vous devrez attendre beaucoup plus longtemps avant que le compost soit prêt.

Une fois que le tas est fait, vérifiez s’il y a assez d’eau à l’intérieur. Les matières doivent être aussi humides que des éponges dont on a essoré l’eau. Si vous pressez une poignée de compost sans être capable d’en tirer même une goutte, c’est qu’il est trop sec. Ajoutez assez d’eau pour que tout ce que contient le tas soit humide. Puis couvrez le tas avec des feuilles de bananier, d’agrumes ou autres matières similaires et laissez se reposer quelques jours. La couverture des tas par des matières ne permettant pas l’échange gazeux est à éviter (plastique).

Votre tas de compost a besoin aussi d’air. Les micro-organismes, ces minuscules créatures trop petites pour être vues à l’oeil nu, décomposent les matières organiques fraîches, les réduisant en morceaux de plus en plus petits. Ces microbes ont besoin d’air. Vous pouvez maintenir la circulation de l’air à travers le tas si vous le faites sur une plate-forme surélevée. Ou encore si vous pouvez retourner le compost 3 ou 4 fois durant les 4 premières semaines après la mise en tas. Le tas de compost doit toujours être humide mais pas trop humide pour éviter de créer des zones déficientes en oxygène.

Les microbes ont aussi besoin d’eau. Ajoutez de l’eau chaque fois que votre tas se dessèche. Cependant, si les microbes ont trop d’eau, elles vont se noyer et vous n’aurez plus qu’un tas qui sent mauvais. C’est l’autre raison pour laquelle il faut couvrir le tas, mais n’utilisez pas de plastique parce que les microbes doivent aussi respirer.

Le tas de compost est quelque chose qui vit et qui est constitué de millions de microbes. Ces microbes rendent l’opération plus rapide lorsqu’il y a un mélange de matières riches en carbone et en azote dans le tas. Lorsque les microbes deviennent actifs, ils créent de la chaleur. Cette chaleur tue les agents pathogènes et les insectes nuisibles dans le tas. Elle dénature également les graines de plantes adventices.

Vous saurez que votre compost est près lorsqu’il sera brun foncé ou noir et qu’il s’émiettera facilement. Vous ne reconnaîtrez plus les matières premières qui se trouvaient dans le tas. Et le tas sera beaucoup plus petit que lorsque vous l’aurez bâti. Quand vous verrez ces signes, c’est que votre compost est prêt à l’usage. En plus de ces observations basées sur la couleur, le toucher et la texture, d’autres analyses de paramètres de qualité du compost peuvent être effectuées dans les laboratoires spécialisés.

Quand votre compost sera prêt, vous pouvez le mélanger aux 15 premiers centimètres de votre sol. Des applications localisées du compost en ligne de cultures sont également recommandées.

Réseau de Radio Rurale des Pays en Développement, Canada, Mars 1998

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