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dimanche, juin 23, 2024

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Le croisement au service de la production ovine

Principales contraintes au développement du croisement

Plusieurs contraintes limitent le développement du croisement des ovins à l’échelle nationale.

Contraintes intrinsèques

Renouvellement des brebis

Dans un croisement terminal (industriel ou à étage), les produits croisés mâles et femelles sont tous destinés à la boucherie. Par conséquent, le renouvellement des brebis de race pure (support du croisement) ne peut pas être assuré par les femelles croisées. Dans ce cas, deux solutions s’offrent à l’éleveur:

– Faire appel au marché pour s’approvisionner en brebis de race pure. Cette voie peut être très coûteuse et à l’origine de l’introduction éventuelle de maladies dans l’exploitation.

– Maintenir un troupeau de race pure, à côté de celui utilisé pour le croisement. Cette solution semble économique mais nécessite une bonne gestion car il y aura dans l’exploitation plusieurs types génétiques avec des besoins de conduite différents.

Cette contrainte fait que les éleveurs marocains préfèrent l’élevage en race pure, qui a une productivité faible mais une conduite facile, au croisement qui a une productivité élevée mais une conduite plus difficile.

Disparition des races

L’extension du croisement, sous toutes ses formes, met en danger les races locales à faibles effectifs en les condamnant à la longue à une véritable « mort génétique », c’est-à-dire la disparition de la quasi-totalité des gènes et combinaisons génétiques originales qu’elles comportent.

Contraintes extrinsèques

Plusieurs contraintes extrinsèques limitant le croisement peuvent être énumérées.

Manque de vulgarisation

Malgré l’amélioration de la rentabilité des élevages par le croisement industriel, celui-ci n’est pas très pratiqué par les éleveurs. En effet, seuls 380 éleveurs organisés en cinq groupements de l’ANOC et exploitant presque 45000 brebis pratiquent le croisement industriel. Or, vu les nombreux avantages de ce système, plusieurs milliers d’éleveurs devraient être concernés. La raison de ce retard est que beaucoup d’éleveurs n’ont jamais entendu parlé du croisement, et même s’ils ont la chance d’en entendre parlé, ils n’ont aucune idée sur la façon dont il faut le pratiquer. Par conséquent, il y a un énorme effort de vulgarisation à faire pour expliquer aux éleveurs l’intérêt et le principe du croisement.

Délimitation territoriale

Le plan moutonnier de 1980 a réparti le territoire national en zones berceaux de races et en zones de croisement. Cette délimitation territoriale empêche certains éleveurs des zones berceaux de pratiquer le croisement. Il est peut-être temps de revoir cette délimitation et permettre aux éleveurs intéressés par le croisement de le pratiquer où ils veulent.

Cherté des géniteurs de races améliorées

Certains éleveurs sont conscients de l’intérêt du croisement industriel pour l’amélioration du revenu des éleveurs, mais ne sont pas en mesure de le pratiquer. La raison essentielle est le prix exorbitant des béliers de races à viande qui varie de 2.500 Dh à 4.000 Dh selon la catégorie. Le prix élevé des béliers de races améliorées pures est dû au fait qu’il y a peu d’éleveurs qui pratiquent cet élevage (12 troupeaux avec 1663 brebis actuellement). Ce nombre, qui va en diminuant d’une année à l’autre, est lui-même dû au manque de débouché pour les antenais de races améliorées pures.

Face à cette cherté des prix des béliers, les éleveurs désireux de faire le croisement industriel ont recours à d’autres solutions comme:

– L’achat des agneaux de races améliorées pures âgés de 3 à 5 mois qui seront gardés et entretenus sur l’exploitation jusqu’à l’âge de reproduction pour servir comme géniteur. Le prix d’achat est en moyenne de 30 Dh le kg vif et un agneau de 40 kg coûterait 1200 Dh. Cette stratégie comporte quelques risques:

= l’agneau pourrait décéder avant d’atteindre l’âge de reproduction;

= les charges de l’entretien (alimentation, traitements…) sont souvent lourdes;

= les agneaux ne sont pas souvent de très bonne qualité. En effet, l’éleveur-naisseur ne vend que les agneaux qui n’ont aucune chance d’être retenus par la commission de sélection.

– L’utilisation des béliers de race Sardi comme géniteurs, plutôt que les béliers de races améliorées pures. Cette utilisation est toujours un croisement, mais d’un genre peu commun. Il est clair que parmi toutes les races locales marocaines, la race Sardi est celle qui a la croissance la plus rapide. Les agneaux issus du croisement entre la race Sardi et une autre race locale ont une croissance satisfaisante, mais pas aussi importante que celle des agneaux issus de pères de races à viande. En outre, les descendants issus d’un père de race Sardi ont souvent le phénotype Sardi et ils sont cornus, caractères qui sont très appréciés, surtout à l’occasion de l’Aid Al Adha.

– L’achat des béliers de races améliorées pures de réforme. Ces béliers, acquis à des prix plus faibles que le prix d’achat normal d’un antenais, sont utilisés pendant une ou deux saisons de lutte avant qu’ils ne soient définitivement réformés.

A cet égard, il est nécessaire que les responsables se penchent sur le système de croisement terminal car il permet de produire des carcasses lourdes, améliore le revenu des éleveurs et augmente le disponible en viande de consommation qui devrait augmenter annuellement de 2,3% jusqu’à l’horizon 2020 si on veut satisfaire les besoins de la population.

Activités du projet ConserveTerra

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