Le Grenadier: des variétés performantes pour la culture

Eléments de conduite technique du grenadier

Pour un verger commercial à conduire en irrigué, les écartements 5×3 m à 5×3.5 m peuvent être adoptés. Le grenadier présente l’avantage d’être une culture relativement facile à conduire, notamment en matière de taille, de fertilisation, et de traitements phytosanitaires.

La taille consiste à éliminer les rejets qui tendent de donner à l’arbre un port buissonneux. Des coupes d’éclaircie sont à effectuer à l’intérieur de la frondaison pour éliminer le bois chevauchant et mort.

Les irrigations doivent s’effectuer à intervalles de temps réguliers pour éviter les éclatements des baies. Le grenadier est une espèce caractérisée par ce désordre physiologique dont la sensibilité varie selon la variété et les conditions de culture. Une forte pluie à l’approche de la récolte d’un verger stressé favorise l’éclatement des grenades et leur altération.

La fertilisation des vergers de grenadier est aussi indispensable pour assurer une production optimale en quantité et en qualité. Le grenadier est une espèce exigeante en éléments fertilisants majeurs mais aussi en fer et manganèse. En l’absence d’études sur les besoins en fertilisants de cette espèce, les quantités à apporter doivent être ajustées en fonction de richesse du sol et de l’âge du verger.

Les niveaux de rendement obtenus dépendent de plusieurs facteurs et peuvent se situer pour un verger adulte de 40 à 50 kg/arbre, soit un rendement de 20 à 30 t/ha. La rentabilité générée par cette culture concurrence celle d’autres productions fruitières, surtout que le coût de revient est faible.

La récolte s’effectue généralement entre fin septembre et octobre lorsque la chlorophylle de la peau du fruit disparaît. Les baies peuvent être conservées en chambre froide (3 à 5°C et 80 % HR) ou en atmosphère contrôlée durant quelques mois. Ce produit est souvent entreposé un mois environ pour être écoulé avant le froid hivernal.

Parmi, les principaux ravageurs et maladies du grenadier, par ordre d’apparition, il y a le puceron qui colonise les jeunes pousses printanières. Un traitement insecticide suffit pour le contrôler. Une maladie fongique entraîne la pourriture de l’intérieure du fruit dont les graines deviennent noires à l’approche de la maturité des fruits. A ce stade, les attaques d’oiseaux et notamment les mêrnes sont à craindre.

Les attaques de nématodes (Meloidogyne incognita) sont connues sur grenadier et contribuent à la baisse des rendements. Cette espèce peut être attaquée aussi par le virus HSVd (Hop Stunt Viroid). Le calendrier de traitements à envisager comprend donc un nombre réduit d’interventions.

La culture du grenadier, restée depuis longtemps à importance secondaire, mérite d’être développée aussi bien sur le plan production que valorisation du produit qui est très apprécié sur le marché local.

Dr Ahmed OUKABLI
Avec la collaboration Technique de MM LAHLOU Mohamed et ALABOU Moha
INRA, UR Amélioration des Plantes et Conservation des Ressources Phyto-génétique, CRRA Meknès

Activités du projet ConserveTerra

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