Le Grenadier: des variétés performantes pour la culture

Exigences édapho-climatiques et élément de biologie florale du grenadier

Le grenadier est une espèce connue pour sa tolérance au calcaire et à la salinité. Sa tolérance à la sécheresse est relative et se fait au détriment de sa croissance végétative et de sa fructification. Les meilleurs résultats d’installation de plantations sont obtenus en sols d’alluvions profond avec des disponibilités satisfaisantes en eau (bords des courants d’eau). Les sols argilo-limoneux irrigués conviennent aussi à la culture du grenadier.

Cette espèce peut supporter des extrêmes de températures allant de -10 et +40°C.

Le grenadier exige une petite dose de froid en période hivernale pour son évocation florale mais il craint les conditions généralement froides des hautes altitudes.

Sur le plan de la biologie florale, le grenadier est une espèce monoïque qui développe, sur le même arbre, des fleurs hermaphrodites fertiles en forme de “vase”, et des fleurs mâles stériles avec un style très court et des ovaires atrophiés (en forme de cloche).

La dominance revient généralement aux fleurs mâles avec un taux de 60 à 70 %. Les variétés de grenadier sont autofertiles mais peuvent être également inter-pollinisées, avec cependant une dominance de la pollinisation libre. La première vague de floraison donne le meilleur taux de nouaison (90 %) avec des fruits de bonne qualité et qui sont moins susceptibles à l’éclatement.

Choix variétal

Le grenadier est une espèce qui reste très peu étudiée à l’échelle nationale bien qu’elle a le potentiel de valoriser et de diversifier la production fruitière dans plusieurs régions.

Les études menées par l’INRA (au Domaine Expérimental d’Aïn Taoujdate et l’ex-station d’Ahl Souss), sur les clones prospectés et les variétés introduites, ont permis de sélectionner un matériel végétal performant pour la culture.

Le comportement des différentes accessions de grenadier a montré que l’espèce est parfaitement adaptée aux conditions environnementales de faible et moyenne altitude.

Les clones marocains de grenadier portent des dénominations différentes, attribuées selon la forme du fruit (Ounk Hmam), la zone (Bzou, Gjebali) ou à la couleur de l’épiderme de la baie comme Sefri, Grenade rouge et Grenade jaune. Leurs caractéristiques restent relativement proches de celles des variétés étrangères du point de vue de la couleur de l’épiderme et des graines. Les différences sont nettes sur le plan pomologique, notamment la qualité gustative et la texture des baies qui déterminent la qualité des fruits.

Les caractéristiques externes du fruit (couleur, calibre, époque de maturité) ne donnent aucune indication sur les qualités internes des graines. Le dicton selon lequel “une Grenade est un secret” traduit bien cette constatation où l’œil ne peut pas prédire la qualité interne du fruit sur la base des caractéristiques externes.

Le caractère de graine tendre, facile à mâcher, est associé au terme locale ‘Mersi’. Il est variétal et peut être influencée par l’inter-pollinisation avec des cultivars à graines dures lorsqu’ils sont associés dans un même verger.

D’autres caractères comme la teneur en sucre et le niveau d’acidité peuvent être influencés par le milieu de culture. Ce dernier caractère reste entièrement variétal puisque certains génotypes sont complètement acides comme Monstruoso, Dwarf Semi Ever Green et Wanderful.

Les accessions locales sont plus attractives et ont des caractéristiques qualitatives propres pour une consommation en frais du produit. Le matériel végétal pouvant être recommandé pour une production commerciale, destinée à la consommation en frais, doit comprendre des variétés à pépins tendres.