Le système semis direct: Nouveau mode de production et modèle d’agrégation pour une agriculture pluviale durable au Maroc

Le système semis direct dans le monde

Le semis direct s’étend aujourd’hui sur environ 105 millions d’hectare. Il est considéré comme le pilier de l’agriculture de conservation adopté à travers le monde dans des environnements et climats très contrastés. Il reste que 90% est localisé dans cinq pays seulement à savoir le l’Amérique du sud 47%, les Etats-Unis et le Canada 39%, l’Australie 9%. Récemment, son adoption commence à prendre de l’ampleur en Asie et au sud de l’Europe avec 3.5%. En Inde l’évolution de la superficie est exponentielle. Il est ainsi passé de 400 ha en 1998 à 2.2 millions d’hectare en 2005. Dans chacune de ces régions ce système a concerné essentiellement l’agriculture pluviale. Au Brésil et dans les autres pays de l’Amérique du sud les causes de son développement rapide étaient la dégradation rapide des sols après la mise en valeurs des forêts. Dans les autres pays c’est surtout la conservation de l’eau et sa productivité qui sont à l’origine de son extension. Par contre, en Europe ou les niveaux de rendement sont élevés, la réduction des coûts, le souci environnemental, renforcé par les aides de l’union européenne font que de nouveaux adeptes apparaissent d’année en année.

Illustration des limites de production du système conventionnel

Sans évoquer les années sèches, l’exemple de  l’année 2008/09, où une moyenne de pluviométrie nationale qui dépasse les besoins optimaux des céréales dans presque l’ensemble des régions agricoles, n’ont pas été suffisantes pour dépasser les rendements de 20 quintaux à l’hectare. Ceci devrait susciter plus d’une réaction plutôt que de se satisfaire d’un record bien loin du potentiel.

Les raisons ne manquent pas, qualité du lit de semence, date de semis, fertilisation, désherbage…etc elles restent des énigmes, objets d’interprétations spéculatives sans une réelle évaluation, suivi et diagnostique agronomique qui mettrait des relations directes de causes à effets.

Désormais le système semis direct, par ses principes, exclu les facteurs les plus contraignants à l’origine de ces faibles niveaux de rendement. Il fait acquérir un niveau technologique élevé à ces adeptes. Les rendements entre 40 à 60 quintaux obtenus respectivement en sols squelettiques et profonds dans la plaine Chaouia chez 65 agriculteurs dont les parcelles sont éparpillés sur plus de 200 parcelles couvrant une surface de 1200 ha sont des preuves à l’appui auxquels on ne devrait pas être indifférents.

Il faut noter que ce système, n’est pas destiné aux zones à faible pluviométrie comme beaucoup d’agriculteurs et professionnelles le considèrent. Sa performance a été démontrée dans presque tous les environnements des tropiques aux zones humides tempérés. Les rendements records de plus de 150 qx/ha en Nouvelle Zélande sont obtenus dans des parcelles conduites en système de semis direct n.

Résultats attendus des actions de développement des entreprises «agrégateurs»

bouInstallation de la culture opération cruciale pour la réussite de la culture est maîtrisée

bouL’encadrement est assuré par le privé ce qui désengage les services de l’état.

bouMaîtrise de gestion des intrants engrais, semences et herbicides ainsi que de leur utilisation selon les recommandations issues des résultats de la recherche.

bouEconomie en matière d’énergie et de la semence donc une meilleure rentabilité avec réduction du risque

bouA moyen terme une meilleure stabilité de la production, amélioration de la qualité physico-chimique du sol et de sa fertilité

bouMeilleure production d’environ 10 à 20% à court terme et plus de 30 % à long terme.

bouBonne qualité du produit en termes de propreté, poids spécifique et qualité organoléptique.

bouContribution à la protection de l’environnement par la diminution de l’érosion, de la dégradation du sol, la qualité de l’eau et la réduction de l’émission du gaz carbonique

bouPossibilité de localisation par GPS et suivi des parcelles qui auront un planning de rotation culturales appropriées. Les pourvoyeurs d’assurance de sécheresse peuvent les inclure dans le contrat de leurs offres de service.

Ce lot d’avantage qui réduit le risque et organise les agriculteurs doit intéresser autant bien les banques allouant les crédits que l’assureur du programme sécheresse afin qu’ils soient des partenaires aux entreprises agrégateurs. Quant à l’amélioration de la qualité du produit c’est les semenciers et minotier qui verront leurs intérêts dans la technologie. En définitive toute la filière doit être mobilisée pour une telle cause.

A. El Brahli 1; O. El Gharras 2 et N. El Hantaoui 3
1 Ex. Chercheur INRA, Directeur, NADAR, Sarl, aelbrahli@hotmail.com
2 Chercheur, INRA-CRRA Settat, Laboratoire de machinisme, oelgharras@hotmail.com
3 Ingénieur, Directeur CT- Settat, n_elhantaoui@yahoo.fr