Le système semis direct: Nouveau mode de production et modèle d’agrégation pour une agriculture pluviale durable au Maroc

Problématique de transfert et développement de ce système au Maroc

Contraintes facilement surmontables

L’adoption de du système de semis direct reste très timide, les raisons d’ordre technique souvent évoquées peuvent être énumérées comme suit:

1) Difficultés de changer des pratiques ancestrales ancrées au fond même de la culture des agriculteurs qui consiste à placer le labour comme l’essence de la mise en valeur de la terre. Les agriculteurs entre eux ne se demandent pas combien ils ont cultivé ou emblavé mais plutôt combien d’hectares ils ont labouré. Les opérations de labour lancés depuis les années cinquante aussi bien avant l’indépendance du Maroc et vulgarisés après, sont considérés encore comme les critères de bonnes pratiques agricole;

2) Besoin en investissement supplémentaire pour une technologie que les agriculteurs, par manque d’information, considèrent comme une technologie complexe et difficile à implémenter;

3) L’ignorance des conséquences désastreuses des labours et l’absence du souci de détérioration de l’environnement. Les baisses des rendements et la faible performance de l’agriculture pluviale sont totalement attribués à la pluviométrie, une fatalité subie au lieu d’être une donnée du milieu gérée par les moyens technologiques dont on dispose;

4) Certains impacts positifs du système semis direct ne sont visibles qu’au fil des années de son adoption, en particuliers ceux liés à l’amélioration de la qualité du sol et d’autres plus globaux d’ordre environnemental;

5) En dernier lieu, une raison soulevée à chaque occasion concerne la valeur pécuniaire des résidus et l’intégration culture élevage. Il est admis que le maintien des résidus en surface est la raison d’être de ce système. Certes, il faut le répéter, plus la quantité de ces résidus est importante plus vite sont atteints les bienfaits de ce système. Cependant, en année favorable, nombreux sont ceux qui brûlent leur chaume, d’autres les enfuient quelques jours après la récolte.

On estime que le non retournement du sol laissera s’accumuler des résidus quelque soit l’intensité de leur exportations. De même, les racines conservées dans leur état constituent une autre source contribuant à la séquestration du carbone et l’augmentation de l’infiltration. Au fil des années, avec l’amélioration de la production, les agriculteurs prendront conscience que c’est un investissement qu’ils font pour faire revivre leur sol. Des alternatives existent pour réduire la pression sur l’exportation des résidus et qui peuvent s’intégrer dans une vision globale de l’agriculture de conservation.