Le métayage dans l’agriculture irriguée de la plaine du Tadla: logiques des contrats et rémunérations des associés

Performances technico-économiques des cultures et de l’élevage

Les fourrages

La luzerne est la culture fourragère prépondérante. Les rendements de la luzerne diffèrent d’une exploitation à l’autre. Ils varient de 18 à 45 Tonnes de Matière Verte/ha (TMV/ha). Pour le bersim et le maïs, la variabilité est moins marquée (bersim de 16 à 23 TMV/ha; maïs de 41 à 58 TMV/ha). Le premier est pratiqué dans trois «cas types» (1, 3 et 4.4), alors que le deuxième est cultivé dans quatre «cas types» (1, 2, 4.3 et 4.4). Le maïs est dans tous les cas stocké sous forme d’ensilage et destiné au cheptel de l’exploitation.

Les cultures de rente

Les rendements en céréales réalisés dans les différents «cas types» étudiés varient de 28 à 53 qx/ha. Les «cas types» 1, 4.1 et 4.2 semblent le mieux maîtriser la conduite des céréales avec des rendements avoisinant le potentiel en irrigué qui est de l’ordre de 50 qx/ha. L’olivier est aussi très présent au Tadla. Il se retrouve dans tous les «cas types» étudiés où il assure parfois des revenus conséquents. Il a d’ailleurs toujours une marge nette positive, profitant indirectement des apports en fertilisants et en eau destinés aux cultures qu’il borde. Il contribue donc significativement aux rémunérations des contractants. Les rendements réalisés varient de 25 à 50 kg par arbre.

L’élevage

La quantité moyenne annuelle de lait livré par vache aux coopératives de collecte varie de 1 105 à 1 750 kg pour les femelles de type croisé et elle avoisine 4 870 kg pour le seul troupeau avec des animaux exclusivement de race Holstein (cas type 1). Quelle que soit la race, cette quantité de lait livré par vache est largement inférieure aux potentialités génétiques des animaux exploités.

De la même façon que pour le lait, le premier «cas type» se détache de l’ensemble des autres avec la vente de 20 bovins, tandis que pour ces derniers les ventes concernent moins de 5 animaux par an (tableau 4). La marge brute permise par le croît animal est supérieure à la marge brute du lait dans tous les «cas types» à l’exception du n°3. Toutefois, le lait demeure crucial par le revenu régulier qu’il procure tout au long de l’année. La valeur des achats de concentré est défalquée des recettes du lait. Ces concentrés servent ainsi à l’alimentation des vaches laitières contribuant significativement à leur fonction reproductrice, en partie déterminante pour le croît animal.

Marges brutes comparées des cultures et de l’élevage

La marge brute procurée par type de production renseigne sur les stratégies adoptées par chacune des exploitations étudiées. Par exemple, lorsqu’une exploitation consacre une part plus importante de son assolement aux fourrages et qu’elle réalise l’essentiel de sa marge brute dans la production animale, relativement aux cultures de rente, il est évident que l’élevage y représente un choix stratégique.

Le premier «cas type» est remarquable par rapport aux autres en termes d’intensification de la production agricole. Plus spécifiquement, il affiche une grande différence entre les marges brutes des deux ateliers «élevage» et «cultures»: la marge brute de l’élevage est près du quadruple de celle des cultures. Ceci renseigne sur une orientation stratégique privilégiant l’élevage par rapport aux cultures. C’est le cas aussi du deuxième cas type, ainsi que du cas type 4.4, mais à un degré moindre.

Les 2ème et 3ème «cas type» ainsi que le 4.3 présentent un certain équilibre entre les marges brutes que procurent les ateliers «élevage» et «cultures». Manifestement, ce sont des exploitations n’ayant pas d’orientation préférentielle entre les cultures et l’élevage (tableau 5).

En revanche, les «cas types» 4.1 et 4.2 montrent une affinité plus marquée pour les cultures (marge brute des cultures supérieure à celle de l’élevage).