Le semis direct des céréales: Expérience du Domaine Agricole de Sidi Kacem

Itinéraires techniques et rendements

Pour les deux premières années, les essais de semis direct ont été conduits sur deux parcelles côte à côte avec 10 ha pour le semis direct et 10 ha pour le conventionnel.

La troisième année, nous avons acheté notre propre semoir ce qui nous a permis d’étendre le semis direct sur pas moins de 500 ha.

Il ressort du tableau 3 (voir fichier PDF) que la première année les rendements sur semis direct et semis conventionnel étaient identiques. La campagne 2005/2006 était caractérisée par une pluviométrie importante et relativement bien répartie dans le temps. Ceci explique aussi les rendements identiques entre les différentes doses de semis (130 à 180 kg/ha) en semis direct mais avec un coefficient de tallage inversement proportionnel à la dose de semis. Cependant, nous préférons rester sur des doses de l’ordre de 180 à 200 kg/ha qui nous permettent d’éviter les surprises de la levée, d’avoir un bon couvert végétal au départ pouvant concurrencer les mauvaises herbes et d’obtenir un maximum de récolte issue de la tige mère (qualité et poids spécifique meilleurs).

La campagne 2006/2007 a été caractérisée par un chergui fort au mois de février. Nous avons constaté que les blés du semis direct se sont allongés de manière brusque et ont sorti les épis de manière précoce. Au niveau du sol, la différence de teneur en eau était remarquable.

Pour la campagne 2007/2008, la différence est de l’ordre de 20% en faveur du semis direct par rapport à la parcelle témoin. Sur les autres parcelles, nous avons réalisé avec le semis direct des rendements de 32 qx/ha.

Essai de semis direct chez un agriculteur à Meknès

L’essai réalisé chez Monsieur A. Zine El Abidine, agriculteur de la région de Meknès, nous montre encore une fois le manque à gagner du semis conventionnel. Nous avons constaté que les rendements, les premières années, sont comparables entre le semis direct et celui conventionnel si la pluviométrie ne fait pas défaut (Tableau 4, voir fichier PDF). Dans le cas où l’année est sèche le semis direct l’emporte largement.

Les fruits de cette technique deviennent de plus en plus intéressants après les premières années. Avec des pluviométries moyennes, cette technique permettra une stabilité des rendements à un niveau supérieur par rapport à ceux réalisés par la méthode conventionnelle.

Conclusion

A travers cette petite expérience nous pouvons assurer que la technique du semis direct est très valable et adaptée à notre contexte marocain. Il faut considérer le semis direct comme non seulement une technique de semis mais plutôt comme un système de production pour lequel il faut raisonner l’ensemble des actions et techniques en tenant compte du contexte (milieu) pour aboutir à un résultat meilleur et durable n.

Mohamed RAZINE

Ingénieur Agronome, Domaines Sidi Kacem
razine.mohamed@menara.ma

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