Nécessité du désherbage précoce des céréales pour la valorisation des intrants

Résultats

Caractérisation de l’infestation

L’inventaire des espèces présentes durant tout le cycle de la culture a permis de recenser 22 espèces, 20 genres et 9 familles botaniques. Les Asteraceae et Poaceae fournissent à elles seules 50% de l’effectif. De même, le cortège floristique est aussi dominé par les dicotylédones (72,7%) et les annuelles (91,0%). Cinq espèces pourront être considérées comme problématiques dans le site: Rannunculus sardous (Laflas), Cichorium endivia (Bouaggad), Sinapis arvensis (Bouhamou, Karkaz); Picris echioïdes (Lessan Laârd, Harricha) et Lolium rigidum (Madhoun).

L’évolution de la densité et de la biomasse des mauvaises herbes dans les parcelles non désherbées est donnée dans la figure 1 (voir fichier PDF). La densité totale a été maximale (579 pieds/m²) juste après le stade mi tallage du blé (78 jours après semis) puis elle n’a cessé de diminuer pour atteindre son minimum (26 pieds/m²) à la fin du cycle (181 JAS). La biomasse totale des mauvaises herbes a été faible (47,6 g/m²) au début du cycle puis elle a augmenté rapidement pour atteindre son maximum (726 g/m²) à 150 JAS.

Sur la base de ces constatations, il s’avère indispensable de lutter contre les mauvaises herbes associées au blé à un stade précoce (2-3 feuilles – mi tallage) car à cette période:

– la densité des mauvaises herbes a atteint 77,8 à 100% de la densité maximale,
– la biomasse des mauvaises herbes ne représente que 6,5 à 14,9% de la biomasse maximale, et par conséquent, il reste encore une quantité non négligeable de ressources qui pourrait être utilisée par la culture,
– le recouvrement de la culture est encore fiable, ce qui fait que les plantules de mauvaises herbes seraient exposées à toute application d’herbicides et l’efficacité serait meilleure.
– la possibilité de rattrapage d’un traitement raté existe encore.

En outre, des études menées dans la région du Saïss sur la compétition entre le blé dur et les mauvaises herbes ont permis de démontrer que les mauvaises herbes présentes dans la culture jusqu’au stade tallage pourraient engendrer une perte de rendement qui dépasse 20%.