Valorisation de la lavande du Maroc

Importance des Lavandes et lavandins au Maroc

Les Lavandes spontanées

Le genre Lavandula est l’un des plus importants genres de la famille des Lamiacées et est riche en plantes à usage multiple, alimentaire, fourrager, aromatique, cosmétique et médicinal. Au Maroc, la bibliographie fait allusion à plusieurs espèces de ce genre, communément appelées lavandes, à écologie et phytogéographie diversifiées et dont d’une part, la distinction taxinomique n’est pas des plus faciles et d’autre part, l’éventualité d’un usage différent selon les localités et ou les espèces n’est pas investie. Les espèces spontanées inventoriées sur le terrain en 2014, lors d’une prospection, sont: Lavandula stoechas L, L. atlantica Braun-Blanq , L. pedunculata Mill, L. multifida L, L. dentata L, L. maroccana Murb.

L’aire de répartition et de distribution des lavandes comprend les zones montagneuses du Rif, le moyen Atlas et le haut Atlas.

Le lavandin

L’introduction de la culture du lavandin au Maroc a été faite pour la première fois par les colons et plus précisément le français «Delubac» au début des années cinquante dans la région d’Oulmès et plus précisément à Aït Atta. La distillation se faisait dans la région de «Tïdass». Mais, juste après le départ des français, cette culture a été négligée. Dans les années 90 elle a connu une extension significative en raison de la demande croissante dans le marché local et étranger.

Dans la région d’Oulmès, la plante est connue sous le vernaculaire «khouzama» ou lavande. Il existe plusieurs variétés cultivées ainsi que d’autres récemment introduites par les lavandiculteurs eux-mêmes. La variété la plus connue dans la région est Lavandula hybrida abrialis  (lavandin).

Le lavandin est bien adapté aux conditions pédoclimatiques de la région montagneuse d’Oulmès, où il est représenté par au moins 3 clones, qui se différencient par les dates de floraison et la couleur des fleurs. Le clone «abrialis» est originaire du Sud de la France et a été développé par le Pr Abrial vers 1920. Il fut par la suite introduit par les Colons français  dans la région d’Oulmès, au début des années 50.

Conduite culturale des lavandes et lavandins

Conduite culturale

Le lavandin est une culture pluriannuelle, qui entre en phase de production à partir de la 3ème année, avec un pic de production entre la 6ème et la 8ème année. Cette culture est généralement arrachée au bout d’une vingtaine d’années.

Deux phases sont à distinguer dans la conduite culturale: une phase pépinière et une phase de transplantation en plein champ. La multiplication en pépinière est réalisée par bouturage. Les boutures âgées de 10 mois sont ensuite transplantées en plein champ, en décembre, pendant la saison suivante. La densité la plus rencontrée est 1,5 m x 1,5 m (4.440 pieds/ha), mais certains agriculteurs ont adopté une densité plus importante (0,75 m x 2 m, soit 6.660 pieds/ha) pour augmenter la productivité et permettre la mécanisation de la culture.

Semis

Les semis dans des alvéoles, en pépinière, sont effectués en janvier ou février. Les plantules de lavande/lavandin peuvent être transplantées  dans les champs à partir du 15 mai jusqu’à la mi-juin. Les semis sous abri se font toute l’année, surtout en fonction de l’époque de production désirée.

Bouturage

Le prélèvement des boutures s’effectue en fin d’hiver, avant le redémarrage végétatif de la plante (février et mars) car la floraison est un phénomène compétitif de celui de l’enracinement.

Marcottage

Plus facile à réussir que le bouturage mais plus long et moins rentable en nombre de plantes reproduites, le marcottage consiste à provoquer l’émission de racines sur un rameau sans détacher celui-ci de la plante dont il est issu.

Division de touffes

On peut aussi obtenir la lavande en utilisant des éclats issus de la division de plantes touffues bien établis. Cependant, peu importe la méthode choisie, le temps de récolte sera le même.

Plantation 

Quelque soit la méthode choisie, il faudra au moins trois ans pour que la plante développe sa production. Le processus est long:

  • Première année: préparation des plantules ou des boutures pour avoir des plants ;
  • Deuxième année: transplantation des plants préparés en pépinière dans les champs ;
  • Troisième année: début de la production.

Il est conseillé de planter au printemps (mars-avril) et jusqu’à mi-juin plutôt qu’à l’automne (novembre-décembre) afin de limiter les déchaussements et la mortalité dus aux effets du gel.

Le lavandin tolère bien la sécheresse, donc il n’est pas nécessaire d’irriguer. Cependant, il est nécessaire d’arroser juste après la plantation afin de favoriser la reprise et plus tard à nouveau en cas de grande sécheresse.

Entretien de la plantation et fertilisation

L’entretien de la plantation du lavandin est limité à un labour moyen au début soit avec l’attraction animale ou l’action mécanique, suivie d’un binage et d’un désherbage périodique. Le lavandin est généralement cultivé en Bour, ce qui facilite la tâche aux agriculteurs et leur minimise les dépenses d’irrigation. A part ces travaux on n’apporte aucun fertilisant et on ne pratique aucun traitement phytosanitaire.

Récolte

Les parties récoltées des lavandes et  lavandins sont les sommités fleuries, dans lesquelles on trouve la matière active. En fonction de la variété, l’altitude et les conditions climatiques, la récolte s’étale de début juillet à la fin août pour les lavandes et lavandins..

La récolte artisanale se fait à la main. La mécanisation de la récolte est possible sur de plus grandes surfaces,

La floraison normale s’obtient à partir de mi-mai à mi-juin selon les conditions climatiques. Les sommités florales sont fauchées manuellement à l’aide d’une faucille puis transportées  vers  le  lieu  de séchage. La récolte, qui coïncide avec le début de floraison, s’étend  du 15 juin au 15 juillet. La récolte est avancée en année de forte chaleur et est retardée en année pluvieuse.

 Après la récolte, le lavandin est transporté vers l’aire de séchage et de battage. Le battage est effectué de manière traditionnelle (piétinage), les sommités florales séparées sont ensuite tamisées pour séparer les débris de tiges et corps étrangers, puis emballées dans des sacs en jute, avant d’être commercialisées

Traitement post-récolte

Le séchage

Les plants doivent être séchés rapidement après la récolte pour éviter le développement des moisissures. Ils sont donc bien étalés sur une surface propre à l’aide de fauches pendant 2 à 3 jours tout en veillant à les retourner assez souvent pour qu’ils ne brulent pas du soleil. Une fois secs, on pratique le battage pour séparer les fleurs des tiges et ne récupérer que les fleurs.

Le séchage se fait  à  l’ombre  et  à  une température de 38 à 42 °C. Les fleurs contiennent de 65% à 85 % d’eau et leurs humidités finales doivent être de 10 à 12% pour être mieux conservées.

Au terme du séchage, il faut compter 7 à 8 kg d’épis frais pour obtenir environ 1kg de fleur sèches (fleurs fraiches/sèches = 3-4 kg pour 1 kg). On peut compter 1 à 1,5 kg d’épis frais par mètre carré de séchage (cas de claie). La durée du séchage variera de 3 à 5 jours. On peut également sécher la plante sur des cannisses placées au-dessus de draps.

Les  épis  sont  ensuite  battus  ou  roulés  dés  que  les  fleurs  sont  sèches.  Le  tri s’effectuera à l’aide d’un sasseur ou de tamis.

Conditionnement: les fleurs bien séchées et triées sont stockées dans des sacs en jute.

Distillation

Pour la lavande de population, le rendement est faible 10 à 20 kg/ha alors que la lavande clonale donne un rendement deux fois supérieur.

  • Celui du lavandin Ordinaire est d’environ 50 kg/ha,
  • Celui de l’abrial est en moyenne 100 kg/ha et souvent plus et
  • Celui du Super varie de 80 à 100 kg/ha.

De plus, les rendements oscillent entre

  •  2.3-4.7% pour les inflorescences en pleine floraison,
  • 3.4-3,7% pour les inflorescences en début de floraison et les feuilles,
  • 1.5-3.5% pour les inflorescences en début de floraison,
  • 1.5-2.3% pour les feuilles et
  • 0.08-0.2% pour les tiges.

Les huiles essentielles des lavandes et lavandins 

Caractéristiques physico-chimiques (selon les normes AFNOR)

 Tableau 1: Les  caractéristiques physico-chimiques de l’H.E de L. angustifolia P. Miller (AFNOR, 1992)

Densité à

20°

Indice de réfraction à 20°c Pouvoir rotatoire à 20°C Solubilité Alcool 75° Indice d’acide % en Ester
0,880 – 0,890 1,458 – 1,464 -11,5 et -7 Max  de volume %(v/v) maximum 1,0 38-58

 

Tableau 2 : Les  caractéristiques  physico-chimiques  des  lavandins  cultivés  en  France

Densité à

20°

Indice de

réfraction à 20°C

Pouvoir

rotatoire à 20°C

Solubilité

Alcool 70°

Indice

d’acide

% en Ester
Lavandin Grosso 0.893-0.895 1.4592-1.4600 (-5.2°)-(5.5°) 3 vol et + 0.9 43-45
Super 0.888-0.896 1.4575-1.4595 (-7°)-(-9°) 2.5 vol et + 0.9 45-52
Abrial 0.889-0.892 1.4600-1.4635 (-3°)-(-5°) 3 vol et + 0.9 30-36

 La composition chimique des HE de lavande et lavandin:

Tableau 3: Composition chimique de l’huile essentielle de Lavandula angustifolia de France

Composés Lavande de France (AFNOR, 1992)
Min Max
1,8-cinéole 1.0
Cis-ocimène 4.0 10.0
Trans-β-ocimène 1.5 6.0
Camphre Tr 0.5
Linalool 25.0 38.0
Acétate de linalyle 25.0 45.0
4-Terpinéol 2.0 6.0
Bornéol
  • Selon la norme AFNOR (1992), les composés majoritaires de la lavande de France sont l’acétate de linalyle (25-45%) et le linalool (25 – 38%) avec de faibles teneurs en camphre.
  • La qualité de l’huile essentielle  de lavande dépend du % d’ester qui doit se situer entre 38 et 58%.

Tableau 4 : La composition chimique de l’huile essentielle de lavandin de France

Composés Lavande de France (AFNOR, 1992)
Min Max
1,8-cinéole 1.0
Cis-ocimène 4.0 10.0
trans-β-ocimène 1.5 6.0
Camphre Tr 0.5
Linalool   25.0 38.0
Acétate de linalyle 25.0 45.0
4-Terpinéol 2.0 6.0

 

Selon la norme AFNOR (1992), les composés majoritaires de l’HE du lavandin Abrial, Grosso et Super sont le linalool et l’acétate de linalyle qui atteignent respectivement 26-38% et 20-29% pour l’abrial, 24-35% et 28-38% pour le grosso alors qu’ils atteignent 25-37% et 35-47% pour le super.

L’huile essentielle de lavandin du Maroc

Propriétés physicochimiques
  • Indice de réfraction: 4608 – 1.4694
  • Indice d’acide: 3 – 1.9
  • Le % d’ester: 28 – 56
  • Rendement: 4 – 4.1 % par MS
Composition  chimique

Tableau 5 : Composition chimique de l’HE de lavandin du Maroc

Composition Min % Max %
3-carène 0,4 3,3
1,8- cinéole 8,7 20,5
Camphre 2,2 15,6
Linalool 19 35,5
Bornéol 0,3 13,8
α –terpinéol 0,4 5,6
Acétate de linalyle 18 27,1
Acétate de bornyle 0,2 3,8
Acétate de néryle 0,3 6,2
Acétate de géraniol 0,3 5,1
Cadinène 0,5 27,6
  • Les HE des lavandins cultivés à Oulmès ont une composition chimique proche du lavandin abrial de France;
  • Les Huiles Essentielles des  lavandins d’Oulmès sont caractérisées par une teneur en 1,8-cinéole et  en camphre légèrement plus élevés que ceux des lavandins abrial de France;
  • L’indice d’ester  varie entre 28 et 56.

Domaines d’utilisation des lavandes et lavandins

En herboristerie, Les fleurs de lavande sont utilisées, en infusion à l’état frais comme emménagogue, stomachique, cholagogue ainsi que comme antiseptique urinaire et pulmonaire. Les fleurs sèches servent à parfumer le linge et à chasser les mites.

Au stade floraison les champs de lavandes  constituent  une excellente ressource  mellifère sur pied. Les miels de lavande sont très prisés pour leurs vertus médicinales.

 ✒ En industrie pharmaceutique et thérapeutique, les huiles essentielles de lavande sont utilisées comme matière première pour la préparation des médicaments. En effet, grâce à leurs propriétés thérapeutiques : antiseptique, hypnotique, diurétique, analgésique, antigrippal, bio stimulant, elles sont utilisées dans la fabrication des médicaments, des désinfectants ainsi que dans d’autres produits pharmaceutiques.

En industrie cosmétique, Les huiles essentielles de lavande vraie sont actuellement utilisées dans l’industrie de parfumerie et de cosmétique. L’huile de lavande est utilisée dans les parfums et les eaux de toilettes depuis l’antiquité. Pour l’utilisation dans les parfums de grande qualité, on exige une huile de lavande de qualité supérieure, avec un indice d’esters d’environ 50. Pour les préparations inférieures telles que les eaux de lavande, les eaux de Cologne et les eaux de toilette, les huiles employées doivent avoir un indice d’esters d’environ 40%. La majeure partie des H.E de lavande, en particulier les catégories contenant 30% d’esters, a été toujours utilisée dans la fabrication de savon et des produits d’hygiène.

Quelques aspects économiques importants

La plante du lavandin peut rester en exploitation jusqu’à 15 ans et peut produire entre 5 et 15 q/ha en très bonne année agricole. Le lavandin entre en production en troisième  année,  les  deux  premières  années  ne  sont  consacrées  qu’aux  travaux d’entretien de la plante. La production de lavandin dans la région d’Oulmès atteind généralement les 15qx/ha et son prix de vente varie entre 20 et 40 DH/kg. Selon les lavandiculteurs, les dépenses de la culture sont élevées durant les trois premières années et les recettes ne sont palpables qu’à partir de la troisième et la quatrième année.

Actuellement, le lavandin est cultivé sur une superficie de 1.600 Ha qui donne une production totale d’environ  800 T de fleurs séchées/an.

  • Rendement moyen en fleurs séchées : 5 Qx/ha.
  • Rendement potentiel = 10 Qx/ha,
  • Rendement élevé en huile essentielle : 2,3 à 2,9 % MS

La culture du lavandin intéresse entre 200 et 250 agriculteurs, avec des exploitations variant entre 0,5 et 200 ha. Elle génère plus de 70.000 journées de travail/an. Cette culture contribue à développer le secteur agricole et à embellir le paysage dans la région d’Oulmès. Son association avec d’autres productions agricoles, y compris l’apiculture, ou d’autres activités (conditionnement des fleurs séchées, distillation, vente sur place, agrotourisme) permettra d’augmenter substantiellement les revenus des agriculteurs.

Presque la totalité de la production est destinée au séchage, elle est commercialisée en vrac chose qui limite la plus value des lavandiculteurs.

Tableau 6 : Coûts relatifs aux travaux de la conduite culturale à Oulmès

Période Travaux Charges en Dh
1ère année Labour profond 300
Cover croppage 300
Creusement des trous 600
Achats des plants 2000 à 3000
Plantation 1000
Binage 300
Confection des cuvettes 300
Total 5300
2ème année Binage 600
Total 600
3ème année Binage

1ère récolte (coupe, battage)

600

1000

Total 1600

 

Tableau 7: Charges globales et recettes de la culture au cours des quatre premières années

Année Dépenses (DH/ha) Recettes (DH/ha) Gain (DH/ha)
1 5300 0 -5300
2 600 0 -600
3 1600 10000 8400
4 1600 11500 à 46 000 9900 à 44400

 

Dernièrement des tentatives de valorisation sont entreprises grâce à la création de la première coopérative, mais cette valorisation n’a pas encore atteint le niveau escompté.

Potentialités de valorisation des lavandins

Partant du fait que:

  • La totalité de la production de lavandin à Oulmès est vendue en vrac sans aucune valorisation et que ;
  • Le niveau de vie de la population nécessite une amélioration ;
  • L’insuffisance voir L’absence d’unités d’extraction des huiles essentielles de lavandin dans la région ;
  • L’impérative nécessité de réduire la pression sur les PAM naturelles, notamment celles menacées de disparition.

La présente étude suggère donc la possibilité de valoriser le lavandin de la région à travers la production de:

  • Huile essentielle ;
  • Eau florale ;
  • Savon dur parfumé;
  • Sachets de fleur de lavandin;
  • La production du miel de lavande.

Cette proposition s’est inspirée de l’exemple de la région de Provence en France où on trouve une multitude de produits à base de lavande et lavandin et cette activité est directement liée au tourisme responsable (Huile essentielle, Eaux florale, Fleurs séchées, Savon parfumé).

 Tableau 6: Les bénéfices tirés de l’exploitation d’un hectare

Fleurs séchées en vrac (kg) Sachets de Fleurs séchées

(Unité)

Huile Essentielle

(15ml)

Eau Florale

(250 ml)

Savon
Rendement/ha 1000 20000 1300 10000 10000
Prix de revient unitaire (DH) 3 8 15 6,5 5
Prix de vente unitaire (DH) 30 15 80 40 20
Bénéfice à l’hectare 27000 140 000 104 000 400 000 200 000

 

Nous notons que la transformation et la diversification des produits ont plus de valeur ajoutée que la ventes en vrac. Il s’avère que l’eau florale est le produit le plus rentable. Il est aussi intéressant d’investir dans le domaine des HE dans le but de satisfaire le marché local et réduire ainsi nos importations qui s’estiment à 212000 DH en 2007.

Conclusion

La région d’Oulmès dispose d’une superficie importante de lavandin (1600 ha). Cette ressource reste malheureusement mal  exploitée, à cause de nombreuses faiblesses  qui handicapent son développement, notamment au niveau de la production, la transformation et la commercialisation d’où la nécessité d’accompagner les lavandiculteurs par  leur organisation et leur formation.

Une diversification des produits du lavandin va permettre de:

  • Valoriser ce potentiel et générer des revenus;
  • Développer  un  savoir  faire local  pour  faire  de  cette  activité  une  source supplémentaire de revenus dans la région;
  • Créer de l’emploi en milieu rural;
  • Dynamiser l’écotourisme.
  • Le processus de production n’est pas encore totalement maitrisé, notamment en ce qui concerne la sélection de clones à floraison précoce et la lutte contre le dépérissement de la plante, causé vraisemblablement par un  phytoplasme transmis par un insecte piqueur (la cicadelle,  Hyalestes obsoletus). Il s’agit ici d’initiatives qui doivent être prises par des organismes nationaux de recherche, tel que l’INRA par exemple, à l’instar de l’expérience française. Le séchage et le battage de la plante, pour l’obtention des feuilles séchées, sont encore menés de manière traditionnelle et ne permettent pas l’obtention de fleurs séchée de très bonne qualité ;
  • Insuffisance de la valorisation du produit, notamment à travers le conditionnement des fleurs séchées et l’extraction de l’huile essentielle qui pourrait trouver un domaine d’application en parfumerie, pour la production de savons, déodorants et produits d’hygiène ;
  • La labellisation « bio » permettra une meilleure valorisation des feuilles séchées et de l’huile essentielle de lavandin, vu la demandé élevée sur les produits « bio » au niveau du marché international ;
  • En domaine alimentaire, le lavandin n’est pas très bien valorisé pour la production de « miel de lavandin », emballé et conditionné ;
  • Des tentatives d’organisation et de valorisation du lavandin ont été entreprises par le Pr. Zrira Saadia. En effet, la première coopérative Al Khouzama a été créée grâce au PMVB du CT d’Oulmès et exécuté par l’IAV Hassan II en 2005. La deuxième coopérative, Al Fadila a été créée en 2015 dans le cadre d’un projet de développement, financé par le PMF/FEM et exécuté par l’association ASSID pour le Développement Durable. Dans le cadre de ces deux projets des alambics ont été mis à la disposition  des deux coopératives qui ont fait un effort dans la valorisation et la diversification du lavandin (sachets de fleurs lavandin,  huile essentielle, eau florale, produits cosmétiques,….)

Ces coopératives méritent d’être soutenues en vue de promouvoir cette plante très importante.

  • La promotion du lavandin de la région d’Oulmès pourrait se faire à travers une foire annuelle à Oulmès, dédiée annuellement aux PAM en général, et au lavandin en particulier. Cette foire va nouer les relations commerciales autour du lavandin et entrevoir les possibilités d’investissement dans ce domaine, d’une part, et de faire connaître la région; d’autre part;
  • Pour promouvoir l’agrotourisme, il est recommandé de développer des itinéraires « routes du lavandin » à Oulmès, avec des étapes (champs de culture, lieux de distillation, sites de conditionnement des fleurs séchées, ….) qui dévoilent les secrets de cette culture : histoire, botanique, mode de conduite culturale, techniques de distillation, miel de lavandin, vertus médicinales de l’huile essentielle de lavandin,…
  • Le lavandin et le «miel de lavandin», si bien développés, pourront représenter des produits phares de la région. Une labellisation de type «IGP» de ces produits, contribuera à mieux faire connaître la région d’Oulmès.

 

Les lavandes et lavandins

LES LAVANDES

Issue de la famille des Lamiacées, la lavande officinale est un sous-arbrisseau des coteaux arides et ensoleillés du Midi de la France et de divers pays du pourtour de la Méditerranée. La lavande est connue depuis l’antiquité romaine comme parfum et comme arôme; son nom vient du verbe latin “lavare”, elle était utilisée lors des bains et dans les thermes. Elle était déjà employée dans les domaines alimentaires et pharmaceutiques avant le début de notre ère. La vie de la lavande peut durer 15 à 20 ans. Elle constitue un excellent pâturage pour les abeilles.

Les types de lavandes cultivées

Il existe deux types de lavandes cultivées:

La lavande de population

La lavande de population est issue d’une graine dont chaque plante est génétiquement différente de son voisin. Cette spécificité génétique lui donne un aspect très hétérogène à ces populations. Son rendement est faible, 10 à 20 Kg/ha, mais elle donne une essence d’excellente qualité, très fine, qui entre dans la composition des parfums.

Les lavandes clonales

Les lavandes clonales proviennent d’une bouture prélevée sur un pied mère. Elles donnent un rendement 2 fois supérieur par rapport à la lavande de population. Les plus courantes sont la Maillette et la Matheronne. Les lavandes clonales ont une huile essentielle typée qui sert surtout à des assemblages ou composition.

Les principales espèces de lavande
Lavandula angustifolia

Lavande vraie. C’est la meilleure des lavandes pour la qualité de son huile essentielle. C’est un arbrisseau pouvant atteindre 1 m de hauteur. A l’intérieur de l’espèce, la diversité est très grande en ce qui concerne l’allure des épis, la précocité, la couleur des fleurs… Elle pousse spontanément en terrain calcaire et à des altitudes supérieures à 500 m et pouvant aller jusqu’à 1800 m.

Lavandula latifolia

Lavande aspic. Nom ancien: L. spica. C’est un sous arbrisseau à souche ramifiée. Sensible au froid, on ne la rencontre jamais à des altitudes supérieures à 600m. Elle préfère le sol alluvial et les pentes arides ensoleillées.

LES LAVANDINS

Les lavandins sont des hybrides naturels et stériles, entre Lavandula latifolia et Lavandula angustifolia. Ils ont été signalés au siècle dernier et désignés sous diverses dénominations. L’hybridation des deux espèces aux aires de végétation et aux époques de floraison différentes, par pollinisation croisée, a précédé historiquement les hybridations expérimentales des généticiens.

Les lavandins sont cultivés pour leur vigueur et leurs rendements élevés. Au cours des années, plusieurs variétés de cet hybride ont été sélectionnées et reproduites par bouturage.

Les clones les plus importants

Lavandin abrial

C’est une plante en fleurs plus petite que l’ordinaire, des fleurs plus courtes et d’une symétrie parfaite et équilibrée. L’épi est pyramidal, effilé en pointe, de teinte bleu moyen virant au gris à la fenaison. Les tiges bien érigées sont bifurquées dès le premier tiers.

Lavandin super

La plante est dotée d’une forte capacité d’enracinement, robuste de taille comme l’ordinaire avec des tiges droites. Les inflorescences sont de type lavande sans division notable de la hampe florale. L’épi est tubulaire, flexueux et de teinte assez pâle.

Lavandin grosso

Du point de vue morphologique, la variété Grosso a beaucoup de points communs avec l’abrial. C’est un plant robuste qui résiste bien aux intempéries. En floraison, il a une couleur bleu foncé uniforme et ne s’égraine pas. C’est une plante de taille moyenne aux inflorescences diverses, donnant deux épis secondaires assez importants au tiers supérieur. L’épi est long, étroit, pointu à peine moins aiguë que l’abrial. La teinte est d’un bleu non typique.

 

Prof. Saâdia ZRIRA

Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II