L’abricotier Une diversité génétique à exploiter pour relancer la culture

Protection du verger d’abricotier

Les ravageurs

Acariens: Plusieurs espèces d’acariens attaquent l’Abricotier dont les dégâts se manifestent par un aspect grisâtre des feuilles qui peuvent tomber prématurément. A leur face inférieure, se trouvent des acariens visibles à l’œil nu. La lutte est assurée en utilisant un acaricide spécifique ou un insecticide ayant une efficacité acaricide. Les traitements doivent commencer dès l’apparition des premiers symptômes.

Capnode: Les larves de ce ravageur très polyphage s’attaquent à la partie sous-terraine des rosacées à noyau. Les arbres attaqués s’affaiblissent et finissent par se dessécher complètement. Le dégagement de la base du tronc montre, au niveau des grosses racines ou au collet, des excrétions brun – rougeâtres, émises des galeries creusées par les larves. La durée du stade larvaire atteint une année. L’espèce passe l’hiver sous sa forme adulte dans différents abris. Au printemps, l’adulte ronge les feuilles et l’écorce des jeunes rameaux. Les oeufs sont déposés par la femelle au niveau du collet et sur le sol dans un rayon de 1- 1,5 m autour du tronc.

Pour lutter contre ce ravageur, il faut traiter avec un insecticide du sol dans un rayon de 0,5 m autour du collet. L’opération du capnodage qui consiste à ramasser les adultes quand les arbres sont au repos végétatif, permet d’affaiblir, de manière significative, la densité de la population.

Puceron: Plusieurs pucerons se rencontrent sur cette culture, dont le plus important est le puceron vert du pêcher. Cet aphide éclot en général précocement. Pour le combattre, on se heurte à certaines difficultés après feuillaison (feuilles déformées). Aussi, est-il nécessaire de procéder à un traitement d’hiver et un traitement préventif dès l’apparition des feuilles.

Cératite: Cette mouche qui est aussi très polyphage fait des dégâts sur les fruits en y déposant ses œufs par une piqûre. Les asticots vont par la suite s’enfoncer dans la pulpe où ils provoquent une rapide pourriture. Les fruits ainsi attaqués tombent. Un traitement préventif est nécessaire si cet insecte a montré un antécédent. Après les premiers dégâts, il s’agit de détruire les fruits atteints et traiter avec un insecticide adéquat.

Maladies

Moniliose: La Moniliose sur Abricotier peut être provoquée par deux champignons (Monilia laxa et Monilia fructigena) mais les dégâts les plus sévères sont causés par le premier pathogène sur fleurs. Cette dernière se dessèche et la maladie évolue vers le rameau.

Oïdium: Des petites taches blanches farineuses peuvent apparaître sur fruit ou sur feuilles. Dans le cas d’une grave attaque, les feuilles deviennent crispées, se dessèchent et tombent prématurément. Cette défeuillaison est parfois accentuée par la présence de la rouille qui semble être favorisée par une attaque préalable d’Oïdium. Alors que la Rouille se manifeste à la face inférieure de la feuille. l’oïdium se localise plus fréquemment à la face supérieure.

Perspectives

Pour améliorer les conditions de culture de l’abricotier au Maroc, l’INRA-Meknès a entrepris un programme en vue de sélectionner une gamme de variétés permettant de complémenter celle existante (Canino et Del patriarca). La complémentarité visée consisterait à sélectionner des génotypes super-précoces (maturité vers le mois d’Avril) pour les milieux à hiver doux et printemps précoces (Errachidia, Zagora), des génotypes dont la maturité permettra d’occuper la période située entre Del patriarca (15 au 30 Mai) et de Canino (5 à 15 juin) et de sélectionner des génotypes s’étalant jusqu’au courant du mois de juillet.

Sur le plan qualitatif, il s’agira également de sélectionner, pour chaque décade, une gamme de variétés présentant une diversité au niveau de la coloration de fond (jaune, blanche, verdâtre et rougeâtre), de la coloration anthocyanique ainsi qu’au niveau de la couleur de la chair (blanche, jaune et rougeâtre). Ce programme, reposant essentiellement sur le matériel végétal local, est composé des phases suivantes:

Prospections dans les populations du sud marocain: Ce travail a permis la collecte de génotypes représentant la diversité génétique intra et inter localités qui sont situées entre Missour et Zagora. Ce travail a permis, par la même occasion, de sauvegarder le patrimoine génétique marocain en déperdition.

Mise en collection des génotypes: Les génotypes issus de ces prospections ont été plantés en collection dans 3 sites correspondant à des écotypes différents (Marrakech, Errachidia et Meknès).

Caractérisation phénotypique: Elle est réalisée à l’aide d’une combinaison entre les marqueurs établis par l’UPOV (Union de Protection des Obtentions Végétales) et ceux établis par l’IPGRI (International Plant Genetic Resources Institute).

Caractérisation génétique de la diversité: ce travail permettra d’estimer la diversité génétique de la population marocaine d’abricotier en utilisant Les marqueurs AFLP (Amplified Fragment Length Polymorphism) et microsatellites.

Introduction de variétés étrangères: L’évaluation de ces variétés nous permettra d’introduire, dans la production marocaine, certains caractères pomologiques tels que la coloration rouge de l’épiderme et les fruits aptes au séchage.


Ali MAMOUNI et Ahmed OUKABLI
INRA – Unité Recherche Amélioration des Plantes et Conservation des Ressources Phytogénétiques, Centre Régional de Meknès

Activités du projet ConserveTerra

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