Les pertes en grains à la récolte mécanique des céréales

Comment réduire les pertes?

De ce qui précède, on voit que la réussite de l’opération de récolte mécanisée des céréales dépend d’une panoplie de paramètres liés aux choix variétal, aux conditions du milieu naturel, à l’itinéraire technique pré-récolte, au degré de maturité au moment de la récolte, à l’état de la machine, aux réglages et au respect de la vitesse optimale.

En règle générale, la mécanisation est une chaîne, il faut bien l’appliquer dès le début de l’itinéraire technique pour faciliter les opérations ultérieures. C’est ainsi qu’un lit de semence bien meuble et plat sans cailloux, suivi d’un semis régulier et un désherbage adéquat sont des préalables à une récolte de qualité.

La récolte peut avoir lieu lorsque la culture atteint la maturité (Humidité du grain inférieure à 14%). Une récolte tardive peut exposer à des pertes, notamment à cause de la dessiccation excessive des épis, tiges et des grains ou de pluies tardives.

Quant à l’opération de récolte mécanisée, il est d’usage que la machine soit révisée entre deux récoltes de manière à la remettre au point après chaque campagne agricole selon les consignes du constructeur.

A l’atelier, il faut contrôler (l’essentiel dans l’ordre de cheminement de la récolte à travers la machine) le réglage de l’embrayage de sécurité du rabatteur, l’état des sections, le jeu et le point mort au niveau de la barre de coupe, la position et l’état des releveurs d’épis s’ils sont montés, le réglage des doigts escamotables, la distance entre la vis sans fin et le fond du tablier, la tension des chaînes du convoyeur, l’état du bac à pierre, l’état des battes et du contre-batteur, l’équilibrage du batteur après une réparation, parallélisme batteur/contre-batteur, état et position de la toile protectrice située dans le canal de séparation, l’état des secoueurs, le fonctionnement du système de ventilation, l’état du caisson de nettoyage et l’état du batteur auxiliaire s’il existe sur la machine.

Le niveau de technicité de l’opérateur joue un rôle très important dans le contrôle et la mise au point des éléments susmentionnés.

Il est aussi admis parmi les bonnes pratiques d’avoir le reflexe d’observer le travail exécuté par la machine et procéder à un essai d’évaluation de la qualité de ce travail. C’est cette évaluation des pertes qui va orienter le cas échéant vers l’amélioration des réglages. Ces derniers concernent le plus souvent:

11Au niveau de la coupe de la récolte: positions correctes du rabatteur et du tablier, comme décrit plus haut.

11Au niveau du battage, il est courant de corriger en agissant sur le régime du batteur, les tensions des courroies ou en nettoyant le contre batteur.

11Au niveau du nettoyage, vitesse et orientation du vent et choix et/ou degré d’ouverture des grilles.

Il convient de refaire le contrôle après chaque série de réglages pour s’assurer de leurs effets.
Enfin, la conduite de la machine et l’organisation du chantier sont des facteurs qui peuvent influencer autant le rendement horaire de la machine que les pertes de grains. Il faut procéder en passages rectilignes et éviter trop de recouvrement et de passages partiellement vides pour une alimentation uniforme et régulière de la machine (la barre de coupe doit être la plus pleine possible).

Il faut également éviter les manques de récolte à la fin des planches et dans les tournières. Enfin, adopter une découpe adaptée à la configuration de la parcelle: travail en planches, en tournant avec virages simples ou en boucles…

Il est important de revoir les réglages en fonction de de l’état de la culture au sein d’une même parcelle (haut de collines, bas-fonds, dépression,…) et au cours de la journée (matin après la disparition de la rosée, après-midi par temps chaud et sec ou en début de soirée).