La race ovine Boujaâd: Ses performances en race pure et en croisement

Performances d’engraissement et d’abattage

Durant l’engraissement, les agneaux de pères de races améliorées ont réalisé les meilleurs GMQ à l’engraissement, soit 223 et 209 g/jour utilisant respectivement les brebis BO que les brebis DBO. Les agneaux de pères D ont réalisé une croissance comparable à celle des agneaux BO purs. L’indice de consommation a été relativement similaire entre les différents groupes génétiques (Tableau 2, voir fichier PDF).

La race du père a eu un effet hautement significatif sur l’âge et le poids des agneaux à l’abattage et sur le poids de la carcasse chaude. Les agneaux BO et DBO ont été significativement, plus âgés à l’abattage en moyenne de +10 et + 8 jours mais plus légers à l’abattage de -3,5 à -2,3 kg, respectivement comparés aux agneaux croisés de type croisement industriel simple (ABO).

La race de pères ne semble pas influencer le rendement en carcasse des agneaux (Tableau 2, voir fichier PDF). Il semble que le dépôt de gras dans les carcasses des agneaux BO et DBO compense leur développement musculaire moindre et de ce fait le rendement reste comparable à celui des agneaux (ABO et ADBO) qui présentent les tendances inverses. En valeur absolue, les agneaux nés des mères DBO présentent des gains et des poids à l’abattage et de carcasses inférieures comparées à ceux nés des mères BO accouplées aux mêmes races de béliers de croisement terminal, mais l’écart pour l’indice de consommation et le rendement en carcasse reste faible.

Dépôt de gras dans les carcasses

La race de père du croisement a eu un effet hautement significatif sur le dépôt du gras mésentérique dans les carcasses aussi bien chez les agneaux nés des mères BO que ceux nés des mères DBO (Figure 3, voir fichier PDF). Les agneaux de race pure et ceux issus du croisement industriel simple ont déposé le moins de gras mésentérique. Alors que les agneaux croisés DBO et ADBO contenant respectivement 50 et 25% de gènes D’man ont déposé plus de gras mésentérique soit respectivement 589 et 571 g. La même tendance est observée pour le dépôt de gras dorsal (Figure 4, voir fichier PDF) ainsi que pour l’appréciation subjective du gras interne mais sans que les différences soient significatives.

Quant aux agneaux BO, malgré leur origine rustique, ils ont tendance à déposer moins de gras dans leur carcasse. Les carcasses des agneaux BO sont comparables à celles des agneaux Sardi mais sont nettement moins grasses que celles des agneaux Timahdite. Il semble, en outre, que la vitesse de croissance et l’état d’engraissement des agneaux abattus à un âge similaire soient liés principalement au gabarit et au poids adulte de la race paternelle en croisement.

Parmi les races améliorées les agneaux de père Lacaune, d’origine laitière, ont déposé plus de gras mésentérique (626 g) que les agneaux de pères Ile-de-France (484 g) mais sans aucune différence significative pour le dépôt de gras dorsal.