Diagnostic de la gestation chez les ovins

Critères de qualité d’une méthode de diagnostic de gestation

La comparaison objective des méthodes de diagnostic de gestation fait appel à un certain nombre de paramètres dont il importe de connaître la signification. La technique est exacte si elle permet de constater, à un instant donné, l’état de gestation d’un animal. Il est convenu de définir l’exactitude d’un diagnostic en séparant les diagnostics de non-gestation (DG-), dits négatifs, de ceux de gestation (DG+), dits positifs:

tt L’exactitude des diagnostics négatifs ou de non-gestation est définie par le rapport suivant: voir fichier PDF

tt L’exactitude des diagnostics positifs ou pronostics de mises bas est définie par le rapport suivant: voir fichier PDF

Par ailleurs, les termes de sensibilité, spécificité et valeurs prédictives ont été proposés. Ils définissent la sensibilité d’un test comme étant la probabilité pour une femelle gestante d’avoir un résultat positif au test ou à l’examen. La spécificité est la probabilité pour une femelle non gestante d’avoir un résultat négatif au test ou à l’examen. De même, la valeur prédictive est définie comme étant la probabilité pour une femelle d’être gestante ou non quand le résultat du test ou de l’examen a été déclaré positif ou négatif.

Ces définitions, très couramment utilisées aujourd’hui, sont résumées dans les équations suivantes: voir fichier PDF
Avec a: le nombre de DG positifs exacts; b: le nombre de DG positifs faux; c: le nombre de DG négatifs exacts; d: le nombre de DG négatifs faux.

Principe du RIA

La méthode radio-immunologique (radioimmunoassay ou RIA pour les Anglo-Saxons) a été proposée en 1959 pour le dosage de l’insuline par Yalow et Berson qui poursuivaient des recherches sur la mise en évidence d’anticorps anti-insuline chez les sujets diabétiques traités à l’insuline.

Ce principe repose sur la compétition entre un antigène (Ag°) et le même antigène marqué au moyen d’un isotope (Ag*) vis à vis de l’anticorps spécifique (Ac).

Ag°
+ Ac Ag°-Ac + Ag*-Ac (voir fichier PDF)
Ag*

Les concentrations en Ag* et en Ac étant constantes, toute augmentation de la concentration en Ag° entraîne une augmentation de la concentration en complexe Ag°-Ac au détriment de la formation du complexe Ag*-Ac. Il en résulte une augmentation de la concentration d’Ag* libre dans le milieu d’incubation. Au terme de la réaction, les Ag* libres et liés sont séparés. Grâce au signal émis par le marqueur, on peut mesurer la concentration en complexe Ag*-Ac pour chaque concentration en Ag°. On établit ensuite une courbe standard ou d’étalonnage avec des concentrations connues en antigène. On détermine ensuite la concentration en antigène de solutions inconnues.

Les stéroïdes

Les stéroïdes sont des molécules construites autour d’un noyau commun, le cycle cyclo-pentano-perhydrophénantrène ou stérane comportant trois cycles hexagonaux A, B, C et un cycle pentagonal D (Figure 1). Si la majorité des stéroïdes sont des hormones, certains d’entre eux sont des produits dépourvus d’action hormonale, comme les vitamines du groupe D.

Les hormones stéroïdes constituent un groupe de substances dérivées des stérols, qui sont formées à partir du cholestérol, et isolées à partir des glandes endocrines (cortico-surrénales, ovaire, testicule, placenta).

On classe les stéroïdes hormonaux en trois groupes, suivant la constitution de leur squelette carboné en: dérivés de l’estrane à 18 atomes de carbone avec généralement une fonction phénolique en 3, appelés phénolstéroides et qui correspondent aux oestrogènes naturels; dérivés de l’androstane à 19 atomes de carbones, qui correspondent aux androgènes; dérivés du pregnane à 21 atomes de carbone, qui correspondent aux glucocorticoïdes, aux minéralocorticoïdes et à la progestérone.

La progestérone (P4)

La P4 est la principale des hormones progestatives. Elle appartient au groupe des stéroïdes à 21 atomes de carbones (Figure 2). Elle est synthétisée essentiellement par le corps jaune de l’ovaire au cours du cycle menstruel physiologique et, à moindre degré, par le testicule, les glandes surrénales et le placenta au cours de la deuxième partie de la grossesse. A l’intérieur de l’ovaire la biogenèse de la P4 débute par la synthèse du cholestérol à partir de l’acétyl-coenzyme A et de la prégnènolone comme substance intermédiaire. Elle a pour fonction principale de préparer l’utérus à la nidation et le maintient de la gestation. Mais la P4 est également un intermédiaire métabolique pouvant conduire à la testostérone, l’aldostérone, et au cortisol (Figure 3).

Le transport plasmatique des stéroïdes

Les stéroïdes sont lipophiles. Ils peuvent donc traverser les bicouches lipidiques sans difficulté. Cependant en raison de cette nature lipophile (et donc hydrophobe) les stéroïdes doivent se complexer avec des protéines plasmatiques afin d’être transportés par le flux sanguin.

Dans le plasma, seuls 3% environ de la P4 circulante existe à l’état libre, sous forme biologiquement active, tandis que la majorité de cette hormone est liée à la protéine de liaison du cortisol, la transcortine ou Corticosteroïd Binding Globuline (CBG), liaison caractérisé par une haute affinité et une faible capacité (compte tenu du nombre de sites de liaison), et d’autre part à l’albumine, liaison de faible affinité et de grande capacité (Figure 4).

Produites par les gonades et les surrénales, les hormones stéroïdes ont pour précurseur commun le cholestérol. Le groupe des hormones sexuelles (bleu) comprend des hormones femelles (progestérone, œstrone, œstradiol) et mâles (testostérone et dihydrotesto-stérone). Elles sont toutes formées dans les gonades à l’exception de l’hormone mâle deshydroépi-androstérone (DHEA) qui est synthétisée par les surrénales. Les autres hormones surrénaliennes (beige) comprennent des minéralocorticoïdes (aldostérone) et des glucocorticoïdes (cortisol, cortisone, corticostérone).

El Amiri Bouchra

INRA, Centre Régional de la Recherche Agronomique de Settat

Remerciements
L’auteur remercie vivement les auteurs qui lui ont autorisé l’utilisation des profils présentés ici ainsi que l’équipe du laboratoire de physiologie de la reproduction, FMV, Liège (Pr. Beckers, Dr. Sousa et Madame Noucairi) qui ont aidé énormément dans la réalisation de ce travail.