Produire du lait et/ou de la viande? Stratégies et performances d’élevages bovins paysans au Maroc

Produire du lait et/ou de la viande? Stratégies et performances d’élevages bovins paysans au Maroc

M.T. Sraïri, IAV Hassan II, Rabat

Au Maroc, l’élevage bovin, dans la diversité de ses systèmes de production (les races et les ressources alimentaires mobilisées ainsi que les orientations lait et/ou viande), est intensément lié aux terroirs cultivés, dont il valorise les fourrages et les sous-produits (son de blé, chaumes, paille, feuilles et collets de betterave, adventices, etc.) en lait et viande. En outre, il assure, dans près des 700 000 exploitations agricoles qui le pratiquent, un rôle économique majeur de capitalisation des récoltes excédentaires, lors des années fastes, par l’augmentation des effectifs. De même, il permet de couvrir les dépenses courantes des ménages ruraux par les revenus quotidiens du lait, et mêmes exceptionnelles (semailles, investissements dans du matériel, etc.) par des ventes d’animaux. L’élevage bovin demeure caractérisé par la dominance d’une multitude d’exploitations agricoles de petite taille (près de 80 % reposent sur moins de 5 ha) et à effectifs limités (souvent moins de 5 animaux). Celles-ci représentent ainsi des acteurs incontournables dans les filières lait et viandes rouges. Par conséquent, l’approvisionnement des consommateurs en ces produits stratégiques demeure surtout tributaire des performances de ces exploitations.

Comprendre les performances des exploitations bovines intime donc de se pencher sur leurs stratégies de production et les pratiques auxquelles elles donnent lieu, notamment dans la majorité d’élevages paysans de petite taille. Dans cet article, les résultats issus d’une série de suivis d’élevages, dans des contextes divers (en zones pluviale et de grande hydraulique) sont rapportés. Les conséquences des stratégies de production mises en œuvre en terme des poids respectifs des ateliers lait et viande sont analysées, au regard des ressources utilisées (eau, fourrages et concentrés) ainsi que des volumes de lait et de viande commercialisés. L’analyse est complétée par l’intégration des termes économiques d’accès aux ressources et de mise en marché des produits. Les tendances identifiées à l’issue de ces suivis d’exploitations permettent de poser les jalons d’une discussion sur l’avenir de l’intervention dans ce genre d’exploitations afin d’améliorer l’usage durable des ressources (l’eau, les aliments, la main-d’œuvre, etc.) et de promouvoir les performances tant volumétriques (lait et viande) qu’économiques de l’élevage bovin.

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