Fertilisation Minérale des Cultures Les éléments fertilisants majeurs (Azote, Potassium, Phosphore)

Le potassium (K)

Le potassium est absorbé par la plante sous sa forme ionique K+. Il est essentiel pour la translocation des sucres et pour la formation de l’amidon. Il intervient dans la régulation osmotique et ionique, ainsi que dans le processus d’ouverture et de fermeture des stomates. Le potassium est nécessaire pour plusieurs fonctions enzymatiques et pour le métabolisme des protéines et des carbohydrates.

Formes du potassium dans le sol

Pour raisonner la fertilisation potassique, il est nécessaire de connaître la dynamique du potassium dans le sol ainsi que les modalités de l’alimentation potassique des plantes. Dans le sol, le potassium se trouve sous quatre formes principales de valeur inégale pour la plante. Celles-ci seront traitées ci-après en allant des formes immédiatement disponibles pour la plante à celles qui le sont le moins, soit respectivement: le potassium dans la solution du sol, le potassium adsorbé, le potassium à l’intérieur des réseaux cristallins et le potassium non échangeable.

Le potassium dans la solution du sol

Le potassium dans la solution du sol est directement absorbé par la plante. Cette fraction du potassium est la plus faible et la plus variable dans le sol. La vitesse de réapprovisionnement de la solution du sol en potassium est une caractéristique intrinsèque du sol. Cette capacité est appelée le “pouvoir tampon”. Quand les plantes puisent leurs besoins en potassium du sol par absorption racinaire, les sols argileux réapprovisionnent plus rapidement la solution du sol en cet élément que les sols sableux.

Le potassium adsorbé

Il existe un équilibre entre le potassium de la solution du sol et celui qui est adsorbé sur le complexe d’échange cationique, les deux états constituent un tout utilisable pour l’alimentation de la plante: C’est le potassium échangeable ou assimilable.

Le potassium échangeable correspond à la quantité de K+ de la solution du sol et celle adsorbée au complexe d’échange et qui est extractible avec une solution d’acétate d’ammonium normale et neutre. En utilisant l’acétate d’ammonium, 95% du potassium adsorbé au complexe argileux humique du sol peuvent être extraits. Le potassium échangeable est un très bon indice de la disponibilité du potassium dans les sols marocains.

Le potassium à l’intérieur des réseaux cristallins

C’est le potassium interne qui intervient plus difficilement dans l’alimentation de la plante. En effet, les ions K+ ne restent pas tous adsorbés à l’extérieur du complexe d’échange, ils peuvent aussi pénétrer à l’intérieur entre les feuillets d’argile. On dit alors que le potassium est rétrogradé ou fixé sous forme non échangeable. Mais quand le potassium repasse à l’extérieur du complexe, il redevient utilisable par la plante: on dit alors que le potassium est régénéré. Cette forme du potassium peut dans certaines conditions contribuer de manière très significative à l’alimentation des plantes.

Le potassium non échangeable

Les formations cristallines et volcaniques sont généralement riches en potasse (2 à 7% dans les feldspaths du granite), mais cette potasse se trouve sous forme pratiquement insoluble donc inutilisable par la plante. Toutefois, sous l’action des agents atmosphériques et des racines, une petite fraction pourrait être mise à la disposition des plantes.

Carence et abondance du potassium dans la plante

Les symptômes visuels de déficience se caractérisent par des nécroses sur les feuilles les plus âgées. Une carence en potassium se montre clairement par une couleur vert foncée et des troubles d’évaporation dus à un fonctionnement défectueux de la régulation stomatique.

Sur céréales, les symptômes de carence se remarquent par un jaunissement de la pointe des feuilles. Sur maïs, on observe une ondulation de la feuille avec couleur plus claire. Sur pomme de terre, les folioles se courbent vers le dessous avec coloration vert bleue autour des nervures, puis brune au bord des feuilles. Sur vigne on remarque une coloration d’abord violacée des feuilles.

Les apports massifs de potassium ainsi que des teneurs du sol en potassium trop élevées peuvent induire des carences en magnésium et en calcium.

Pratique de la fertilisation potassique

Dose

Le raisonnement de la fertilisation potassique diffère selon que l’on dispose ou non de l’analyse chimique du sol. Pour les sols pauvres en potassium, la fumure potassique est la somme arithmétique de la fumure de redressement et de la fumure d’entretien.

La fumure de redressement représente la quantité d’engrais à fournir au sol pour relever sa richesse à un niveau satisfaisant. La quantité à apporter pour combler un déficit de 10 ppm s’élève à environ 50 unités/ha. La fumure d’entretien est le produit du rendement escompté et la quantité de potassium exportée par unité de rendement (Tableau 3, voir fichier PDF). En plus, il faudrait majorer la valeur obtenue pour tenir compte du pouvoir fixateur du sol qui est d’autant plus important que les sols sont argileux.

Si l’on ne dispose pas d’une analyse de sol, la fumure potassique est réduite au calcul de la dose d’entretien, ce qui pourrait engendrer des risques, à savoir:

tt Sur-fertiliser un sol bien pourvu, et par conséquent augmenter inutilement les charges.
tt Sous-fertiliser un sol pauvre et contribuer davantage à son appauvrissement.

Si l’on dispose des analyses de sol, la dose sera déterminée sur la base des recommandations du laboratoire d’analyse.

Date d’apport

Les meilleurs résultats sont obtenus, quand on procède à l’enfouissement des engrais au moment des travaux préparatoires des sols, surtout dans le cas des sols pauvres. En sol riche, la date d’apport est moins cruciale et on peut même appliquer l’engrais en couverture lorsqu’on utilise des engrais composés. Dans ce cas, la date d’application doit être raisonnée en fonction de l’azote.