Les engrais minéraux: Caractéristiques et Utilisations

Méthodes d’application des engrais

Les engrais peuvent être apportésau sol, en pulvérisation foliaire et dans l’eau d’irrigation (fertigation).

– Les applications des engrais sur le sol sont les plus fréquentes. La plupart des engrais utilisés sont suffisamment solubles dans l’eau du sol.

– Les produits utilisés dans la fertigation peuvent être des produits fertilisants solides facilement solubles ou des produits liquides. Les caractéristiques de ces produits doivent être:

— Une grande solubilité dans l’eau,

— Une pureté de la solution fertilisante: les impuretés peuvent provenir de la solubilisation d’un des produits utilisés ou de la réaction de plusieurs produits. Elles provoquent l’obstruction du réseau d’irrigation (tuyaux, émetteurs, …). Ces problèmes peuvent être aggravés par la présence d’algues et de microorganismes variés dans l’eau d’irrigation.

— Une compatibilité entre les produits utilisésde sorte à éviter la formation de composés insolubles. Le tableau 5 donne des exemples d’engrais pouvant ou non être mélangés en solution mère.

– Les apports d’engrais en pulvérisation foliaire servent à corriger des carences aiguës en azote et/ou en oligo-éléments. Afin d’éviter les brûlures des feuilles, il est recommandé d’utiliser des concentrations faibles d’urée ayant des teneurs en biurets (composés proches de l’urée produits pendant la fabrication de cet engrais et toxiques pour les plantes) inférieures à 2%.

Le tableau 6 résume les propriétés les plus importantes des principaux engrais utilisés au Maroc.

Et les effets des engrais sur l’environnement?

L’utilisation des engrais pour augmenter les rendements des cultures a récemment été l’objet de préoccupations environnementales. Parmi les effets négatifs attribués aux engrais, on peut citer:

– Ils polluent le sol par des métaux lourds toxiques, tel que le cadmium;

– Ils polluent les eaux souterraines, ce qui affecte la potabilité de l’eau et augmente les dangers de santé;

– Ils polluent les rivières et les eaux côtières, ce qui peut entraîner l’eutrophisation et affecter la vie des poissons et autres vies aquatiques;

– Ils polluent l’atmosphère à travers la dénitrification et la volatilisation de l’ammoniac et contribuent ainsi au réchauffement global de la terre.

Ces effets négatifs des engrais sont le résultat de leur mauvaise utilisation plutôt que des propriétés intrinsèques de ces produits. Actuellement, ces problèmes se posent surtout dans les pays industrialisés à forte utilisation des engrais.

Au Maroc, le niveau d’utilisation des engrais est encore faible avec près de 330.000 tonnes d’éléments nutritifs par année, soit un apport moyen de 45 kg/ha. Bien que les doses moyennes soient faibles, l’utilisation de ces engrais dans certaines zones, surtout les zones irriguées, est excessive. Afin de continuer à tirer profit de l’amélioration de la productivité des cultures que permet l’utilisation des engrais, sans pour autant détériorer la qualité de l’environnement, il est nécessaire d’adopter un code de bonnes pratiques agricoles qui sera basé sur:

– L’analyse de sol: réalisée avant l’installation de la culture, elle permet de déterminer ses besoins en éléments nutritifs. Puisque actuellement la majorité des agriculteurs ne font ou ne peuvent pas faire les analyses de sol, un autre moyen serait de mettre au point des formules régionales qui tiennent compte de la fertilité des sols et des techniques de conduite des cultures au niveau de chaque région.

Basés sur ces analyses ou sur la formule régionale, les apports de phosphore et de potassium sont plus efficaces quand ils sont apportés juste avant le semis. L’azote par contre doit être fractionné.

– Un bon raisonnement de la fertilisation azotée:

Prise en considération des autres sources d’azotetelles que l’eau d’irrigationet les apports sous forme de résidus organiques.

— Moment de l’apport: L’apport des engrais azotés peut être effectué avant ou après l’installation de la culture. En général, un apport avant le semis sera moins efficace à cause du temps de latence entre cet apport et la période de grand besoin de la culture, ce qui va entraîner des pertes. L’azote ammoniacal à une dose appropriée avant le semis est généralement recommandé du fait que les formes mobiles d’azote (nitrate et urée) peuvent être facilement lessivées au-dessous de la zone racinaire des plantules. Aussi, l’azote ammoniacal sera adsorbé et moins sujet au lessivage pour quelques semaines.

— Fractionnement des apports d’azote: Idéalement, l’azote doit être mis à la disposition de la culture à une vitesse qui est égale à celle avec laquelle la plante absorbe cet élément. Les risques de perte d’azote sont assez réduits avec le fractionnement.

— Analyses végétales: La détermination des nitrates dans le végétal évalue ponctuellement le statut azoté de la plante. Elle permet d’apporter d’éventuelles corrections.