Valorisation de l’eau d’irrigation par les productions végétales dans les grand périmètres irrigués au Maroc

Un Important gap de productivité à gagner

Le constat actuel des performances réalisées en irrigué en matière de productivité permet de faire les observations suivantes:

  • Les niveaux des rendements sont tellement variables entre les différents périmètres irrigués qu’on peut aller du simple au double. A titre d’exemple, le rendement de la betterave est de 35 T/ha dans le Gharb et de 60 T/ha dans les Doukkala; Ceci pose la problématique du développement régionale d’une part et des opportunités de spécialisation dans les domaines d’excellence par périmètre (ou par région), d’autre part;
  • On constate à l’intérieur d’un même périmètre des niveaux de rendements encore très contrastés. On peut citer l’exemple du rendement du blé tendre qui peut passer de 20 à 70 qx/ha. La représentation de chaque classe de rendement reflète généralement une courbe en cloche indiquant une concentration des rendements intermédiaires (entre 30 et 40 qx/ha dans ce cas). Ceci veut dire qu’il existe des potentialité très importantes qui ne sont pas exploitées; en d’autres termes, on peut, moyennant l’optimisation des facteurs de production, déplacer le niveau moyen des rendements vers des valeurs nettement supérieures;
  • Les niveaux de rendement constatés sont très liés à la qualité du service de l’eau. Dans les périmètres disposant de ressources limitées et/ou offrant une gestion peu performante de ces ressources (lourd système de gestion, problèmes de concordance entre l’offre et la demande, problèmes de coût et de tarification), on enregistre les performances les plus faibles.

D’après une simulation moyenne des performances réalisées à travers les différents périmètres irrigués, et en prenant en considération les potentialités du milieu, les possibilités offertes par l’optimisation de l’utilisation des facteurs de production, il est possibles de réaliser des niveaux de rendements moyens nettement supérieurs à ceux actuellement réalisés. A titre d’exemple, le rendement moyen réalisable en irrigué du blé tendre est de 50 qx/ha, tandis que le rendement réalisé n’est que de 32 qx/ha; le rendement des agrumes peut atteindre 35 T/ha, et celui de la betterave, 65 T/ha.

Il s’en suit que pour la plupart des cultures, les rendements réalisés actuellement sont de 50 à 75% des niveaux techniquement réalisables et actuellement réalisés par les agriculteurs performants.

La simulation des impacts économiques des améliorations des rendements comme indiqué à la figure plus haut (voir fichier PDF) sont comme suit:

En matière d’amélioration des niveaux de valorisation de l’eau d’irrigation, il est possible de dépasser le seuil de valeur ajoutée de 2 Dh/m3 pour la majorité des cultures. La valorisation de l’eau d’irrigation par le blé serait aussi importante que celle des cultures de maraîchage de saison et s’établirait à 2,7 Dh/m3. Il est à noter que le niveau de valorisation de l’eau d’irrigation par la luzerne ne dépasserait pas 1 Dh/m3 même avec un rendement moyen de 80 T/ha de matière fraîche, ce qui montre la nécessité de remplacer cette culture par d’autres cultures fourragères moins consommatrices en eau, telle que le maïs fourrager par exemple.