Les principaux ravageurs de l’olivier – la mouche, la teigne, le psylle et la cochenille noire

Le Psylle de l’olivier ( Euphyllura olivina)

Synonymes: Psylla olivina, Psylla oleae, Euphyllura oleae, Psylla oliviana
Noms communs: Psylle de l’olivier, Olive psyllid, Algodon del olivo

Répartition géographique, plantes-hôtes et dégâts

Euphyllura olivina est un ravageur fréquent et spécifique de l’olivier (oléastre et variétés cultivées) dans tous les pays méditerranéens. Ses dégâts se manifestent essentiellement au printemps et sont causés par les larves les plus âgées qui entravent la fécondation des grappes florales en absorbant avidement la sève des organes attaqués. Des groupements massifs de larves se forment alors sur les inflorescences, autour des fleurs non encore épanouies. Ils implantent leur rostre dans les boutons floraux ou leur pédoncule et font avorter les fleurs.

Les larves du 4ème et 5ème stades secrètent, en abondance, une substance blanche cotonneuse et gluante qui les recouvre entièrement. De plus, elles émettent profusément du miellat sur lequel se développe une abondante fumagine. Les dégâts commencent à se manifester dès que la colonie dépasse 7 à 8 larves par grappe. Des colonies de plus 20 larves par grappe entraînent des pertes pouvant atteindre 60% de la récolte. Lorsque l’invasion est générale, la récolte est compromise.

Biologie

Les endroits recherchés pour la ponte sont les écailles des bourgeons terminaux et axillaires, la face inférieure des jeunes feuilles et les jeunes grappes florales. La durée du développement (de l’œuf à l’adulte) est de 85 j à 12°C, 55 j à l7°C et 35 j à 22°C. Dans la nature, la femelle ne dépasse guère 150 œufs. Des températures supérieures à 27°C ou inférieures à 12°C, accompagnées d’une faible hygrométrie (< 50%) peuvent réduire des 2/3 le potentiel de reproduction d’une femelle. D’ailleurs, en hiver, la ponte est très réduite et les adultes se tiennent immobiles et peu visibles.

Les conditions climatiques et, dans une certaine mesure, la diversité des variétés d’olivier paraissent être les principaux facteurs agissant sur le développement du ravageur et sur son cycle évolutif. En effet, le Psylle ne présente pas partout le même nombre de générations (2 à 3 en Côte d’Azur, 3 à 6 en Italie, 1 à 6 en Grèce, 3 en Tunisie).

Au Maroc, précisément au Haouz, seules 2 générations se déroulent entre février et juillet. Lorsque les conditions climatiques sont favorables, une 3éme génération peut se produire en automne. La première période de ponte se situe vers début février, essentiellement sur les bourgeons terminaux.

Les densités sont généralement faibles (3 à 4 œufs/bourgeon). Ceci peut être attribué aux basses températures et aux chutes de pluie, qui entraînent un repos ovarien partiel ou total. L’éclosion des larves a lieu 1 à 2 semaines après la ponte.

Dès leur éclosion, les larves entament une migration vers les jeunes feuilles et les jeunes rameaux où elles poursuivent leur évolution. À partir d’avril, une 2ème série de pontes commence sur les boutons floraux mais se raréfie dès début juin à cause des facteurs climatiques défavorables à toute activité ovarienne (T > 30°C, HR < 50%). Seuls les adultes en estivation subsistent dans les endroits les plus ombragés de l’arbre.

Stratégie de lutte

À présent, les oléiculteurs se préoccupent peu d’attaques du psylle. Ce ravageur ne leur semble vraisemblablement pas trop préjudiciable. A juste titre, il faut de fortes densités de populations pour provoquer la coulure et la destruction des boutons floraux. Toutefois, si la nécessité d’un traitement s’impose, l’application devra avoir lieu dès début floraison avec un insecticide de contact renforcé d’un mouillant en raison du revêtement cireux épais qui protège les stades de l’insecte.

Dans l’oliveraie, trois auxiliaires (Chrysoperla carnea, Anthocoris nemoralis et Psyllaphagus euphyllura) semblent agir sur les pullulations du psylle.