Les principaux ravageurs de l’olivier – la mouche, la teigne, le psylle et la cochenille noire

La cochenille noire de l’olivier (Saissetia oleae)

Synonymes: Coccus oleae, Chermes oleae, Coccus palmae, Coccus testude, Coccus cycadis, Lecanium oleae, Lecanium cassiniae, Bernardia olea, Lecanium palmae 
Noms communs: Cochenille noire de l’olivier, Black scale, Cochinilla negra, Caparreta negra

Répartition géographique, plantes-hôtes et dégâts

Cette cochenille est présente dans l’ensemble des pays méditerranéens où elle vit sur un nombre considérable de plantes cultivées et sauvages: Olea europea, Citrus, Pinus, Pistacia, Populus, Pyrus, Prunus, Quercus, Robinia, Tamarix, Thuya, Verbena, Veronica, Vitis, Amygdalus, Eucalyptus, Ficus, Jacaranda, Laurus…

Les dégâts directs résultent principalement de l’aspiration de la sève et s’accompagnent souvent d’une prolifération de champignons des genres Capnodium, Cladosporium, Alternaria … dont le développement est favorisé par son miellat. La fumagine, complexe noir formé de ces champignons, se présente comme une chape recouvrant les feuilles, les branches et le tronc et faisant obstacle à la photosynthèse et à la respiration de l’arbre (dégâts indirects). Les pousses raccourcissent, les fleurs diminuent, les feuilles tombent provoquant ainsi une grave perte de production.

Biologie

Saissetia oleae est généralement univoltine mais peut développer deux générations annuelles complètes ou partielles quand les conditions climatiques le permettent. Dans de nombreuses zones oléicoles, les deux types de développement coexistent.

Dans la région de Meknès – Fès, la cochenille présente une seule génération. La population hivernante se compose uniquement de larves du stade 2. À partir de la mi-février, elles évoluent en L3 puis en femelles dès la mi-avril. La ponte débute vers fin mai et culmine en fin juin. La fécondité varie de 150 à 2500 œufs/femelle. L’éclosion larvaire se manifeste la 3ème semaine de juin et se maintient jusqu’à fin juillet. Les larves écloses colonisent tous les organes, mais se fixent de préférence sur les feuilles. Elles évoluent lentement en L2, stade auquel elles passent l’hiver. En automne, la population, quasiment encore à l’état de larves L2, demeure sur les feuilles. En hiver, elle entreprend sa migration vers les rameaux où elle complète son développement.

Sur feuilles, les larves L1 se fixent indistinctement sur les deux faces avec cependant une certaine concentration le long de la nervure médiane. La fumagine intervient dans la répartition des larves sur les organes végétatifs. À ce titre, les feuilles dépourvues de fumagine accueillent davantage de L1 que celles qui en sont partiellement revêtues où la fixation ne s’opère que sur les surfaces dégagées. Les L2 gardent à peu près la distribution des L1 avec toutefois une certaine tendance à occuper la face foliaire inférieure.

Stratégie de lutte

Durant son cycle, la cochenille est soumise à une mortalité attribuable à diverses causes dont le climat et le parasitisme demeurent les plus sensibles. Les œufs, particulièrement vulnérables à l’élévation de la température et au déficit hygrométrique, se dessèchent et dépérissent sous le bouclier maternel. Sous l’action de ces mêmes facteurs, les effectifs de jeunes larves, en cours de migration, s’effondrent. De même, la fumagine, lorsqu’elle est présente, incommode la fixation. Il en résulte qu’à la suite de l’action conjuguée de ces facteurs, l’effectif de survivants ne dépasse guère 3%. Les stades larvaires, même plus âgés, demeurent sensibles aux agents du milieu notamment les basses températures hivernales. À l’opposé, les années particulièrement douces et humides stimulent la prolifération de la cochenille.

Parmi les autres facteurs contrôlant les populations de la cochenille, on peut mentionner les auxiliaires suivants: Chilocorus bipustulatus, Chrysopa carnea, Metaphycus flavus, M. lounsburyi, Coccophagus cowperi, Scutellista nigra.

Par rapport aux dégâts indirects, les vrais effets de la cochenille demeurent négligeables.

La fumagine peut se développer en l’absence de la cochenille sur des arbres abondamment irrigués et fertilisés. De ce fait, la réduction des effets du ravageur et de la fumagine passe par des aménagements des conditions culturales. Il convient alors d’aérer les arbres par des tailles hivernales ou pré-printanières défavorisant à la fois le développement des agents responsables de la fumagine et du déprédateur. Il importe aussi d’adopter des fumures équilibrées surtout en matière d’azote et de potasse.

La lutte peut être dirigée contre la cochenille et le complexe de champignons associés.

Contre la cochenille, l’intervention doit avoir lieu lors de l’éclosion des jeunes larves (fin juin à septembre) au moyen de produits à faible toxicité pour la faune auxiliaire. Le seuil d’intervention admis actuellement est de 10 larves/feuille. La lutte contre la fumagine repose sur des traitements fongicides cupriques en automne et à la fin de l’hiver.

Prof. HMIMINA, M.
Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, Rabat
m.hmimina@iav.ac.ma