Réalisation d’un pollinisateur du palmier dattier

CADRE GÉNÉRAL DE L’ÉTUDE

Suite à la difficulté de l’exécution de l’opération de pollinisation et à la demande des agriculteurs, nous avons réalisé un dispositif de pollinisation avec l’aide financière et matérielle d’un phœniciculteur. Son exploitation se situe à Touggourt, à 165 km au Nord-est du chef-lieu de la wilaya d’Ouargla à une altitude de 72 m (Figure 1). Touggourt a un climat désertique, avec des étés chauds et secs et des hivers doux avec des précipitations annuelles moyennes de 63 mm/an. La température annuelle moyenne est de 21.4°C.

D’autres essais ont été réalisés à Biskra sur les palmiers de la station expérimentale d’El-Outaya qui se situe à 12 Km au nord-est du chef-lieu de la wilaya de Biskra avec une altitude de 263 m et qui s’étend sur une superficie de 20,5 ha (Figure 2).

MATÉRIELS ET MÉTHODES

Matériel végétal

Le matériel végétal utilisé concerne les palmiers dattiers de la variété Dglet-Nour.

Matériel d’essais

Le pollinisateur réalisé est constitué d’une poudreuse à main et d’une perche télescopique de 6 mètres de long. A la tête de la perche, l’un des deux bras de la poudreuse est fixé, l’autre est libre et muni d’un fil de tirage; entre ces deux bras, nous avons placé deux baguettes en plastique en forme d’arc (Figure 3).

Pour appliquer le pollen, on déploie manuellement la perche télescopique selon la hauteur de palmier en dirigeant la buse de la poudreuse vers les inflorescences femelles, puis on tire le fil de tirage directement du sol faisant la dispersion de grain de pollen, et ainsi de suite pour les autres spathes. Les baguettes en plastique servent à ramener les bras de la poudreuse à leur état initial après le pompage (Figure 4). Ce matériel est utilisé sans la perche quand la hauteur des palmiers n’est pas importante.

Dispositif expérimental

A Touggourt (Essai 1), nous avons testé ce pollinisateur sur 25 palmiers avec une dose de 10% (le reste étant de la farine de blé) pour évaluer son efficacité. Parallèlement, un autre essai a été réalisé selon la méthode traditionnelle sur 25 autres palmiers de la même variété en posant deux épillets mâles dans chaque spathe.

A Biskra (Essai 2), nous avons effectué deux essais de comparaison entre les deux modes de pollinisation et différents dosages de pollen.

  • Essai 1: cet essai a pour but de confirmer les résultats obtenus de l’essai de Touggourt. En effet, nous avons fait une étude comparative entre deux méthodes de pollinisation où la première consiste à attacher deux ou trois épillets mâles avec des épillets femelles (méthode traditionnelle) et la deuxième consiste à disperser un mélange grains de pollen/farine du blé sur les spathes à une dose de 20% en utilisant notre pollinisateur (Figure 5). Le taux de nouaison déterminera la méthode la plus avantageuse.
  • Essai 2: Le pollinisateur a été testé en dispersant le mélange grain de pollen/farine de blé à différentes doses 10, 20, 30, et 100% afin de déterminer la dose optimale en fonction du taux de nouaison. Selon la bibliographie, la pollinisation par poudrage s’effectue en deux passages avec un intervalle de deux ou trois jours et dans chaque passage on débite 01 gramme de mélange sur une spathe.

Afin de limiter les effets extérieurs sur le processus de fécondation, nous avons recouvert par du papier kraft les spathes qui ont été pollinisées par poudrage (Figure 6).

Pour calculer le taux de nouaison, après 15 jours de pollinisation, nous avons coupé, au hasard, trois épillets, pour la répétition, de chaque spathe, ensuit nous comptons les fleurs restées attachées sur chaque épillet (Figure 7), car ces sont les fleurs fécondées (Sedra, 2003).

Pour le dispositif expérimental, nous avons choisi la randomisation totale avec quatre répétitions où un palmier présente un niveau d’un facteur étudié et chaque spathe du même palmier présente un traitement (répétition). Le choix des palmiers a été effectué au hasard. Le tableau 1 suivant présente le dispositif expérimental pour chaque essai.

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