L’avocatier

Les techniques culturales

Plantation

Les plants sont déposés en mottes dans les trous de plantation. Leur mise en place peut être précoce (Novembre-Décembre) dans les régions non gélives, ou tardive (Mars) là où le froid est à craindre. Des brise-vents individuels (roseaux, plastique) protègent les jeunes plants des coups de soleil et du vent. Une irrigation est nécessaire juste après plantation. Les distances de plantations sont variables selon la richesse du sol, le climat et surtout le développement futur de l’arbre. Les distances de plantations les plus rencontrées sont 6×8 m, 7×7 m, 6×6 m, 6×5 m et 6×4 m. Après plantation, le sol pourra être cultivé ou enherbé, principalement dans les terrains en pente, ou encore désherbé chimiquement. Si des façons culturales sont envisagées, il faut qu’elles soient très superficielles pour ne pas abîmer le système racinaire de l’avocatier. Dans le cas de désherbage chimique, il faut éviter de toucher les feuilles de l’avocatier avec les herbicides qui peuvent provoquer des brûlures.

Fertilisation

L’azote est l’élément le plus important dans la nutrition de l’avocatier, mais son apport ne doit pas être excessif au risque de réduire la fructification et de stimuler la croissance végétative. Les besoins de l’avocatier en phosphore et en potasse sont minimes alors qu’en magnésium, ses besoins sont supérieurs à ceux des agrumes. Les exportations du magnésium par les fruits sont de l’ordre de 0,2 kg/tonne. Les micro-éléments les plus essentiels sont le zinc et le fer. Au Maroc, la carence en zinc est très fréquente particulièrement chez la race mexicaine. Pour des arbres adultes en pleine production, les apports suivants sont préconisés:

N = 240 kg/ha/an en 3 applications (1/2 en Mars-Avril, ¼ en Juin et ¼ en Juillet), P205 = 180 kg/ha/an et K20 = 50 kg/ha/an. Les analyses du sol et des feuilles permettent de déterminer, en fonction des différentes situations et de l’âge des arbres, les apports à effectuer.

Irrigation

Différents systèmes d’irrigation sont adoptés: cuvettes, sillon ou raie, aspersion, goutte à goutte. Le goutte à goutte a donné des résultats très intéressants sur le plan régularité de fructification. Les besoins de l’avocatier étant de 1000 à 1200 mm par an, le déficit hydrique doit être compensé par l’irrigation de Mai à Octobre. L’avocatier étant sensible aux sels, une eau contenant 100 ppm de chlore doit être utilisée avec précaution.

Taille, pollinisation et entretien

La taille de formation n’est pas pratiquée car elle retarde l’entrée en production. La taille d’entretien est recommandée et consiste à supprimer le bois mort et les gourmands. Chez l’avocatier, chaque fleur s’ouvre deux fois: une première fois en tant que femelle et une deuxième fois en tant que mâle. Les variétés sont groupées en deux classes A et B, qui se pollinisent mutuellement.

Il est recommandé d’associer les variétés de groupes différents. L’installation de ruchers dans le verger pendant la floraison permet d’améliorer la production.

Protection phytosanitaire

Le champignon le plus dangereux pour l’avocatier est le Phytophthora cinnamomi qui entraîne la destruction des arbres dans toutes les régions de production. Le champignon se développe en présence d’humidité et de température élevée (27-30°C). Traiter avec le Phosethyl d’aluminium. Une autre maladie répandue au Maroc est causée par le Scab ou gale (Sphacelomia persea). Elle attaque les feuilles, les jeunes rameaux et les fruits. D’autres maladies ont été reportées: les pourridiés causés par Armillaria mellea, le Verticillium albo atrum, champignon du sol, le Botrytis cinerea, l’anthracnose causée par Collectotrichum gloesporioïdes qui provoque des nécroses sur le limbe et fait chuter les feuilles.

Récolte et conservation

La récolte est obtenue 3 à 4 ans après plantation pour les arbres greffés. Le rendement par arbre peut être de 130 kg et plus. Au niveau d’un verger bien entretenu, le rendement varie de 9 à 20 T/ha/an. Il n’existe pas de paramètres exacts pour l’évaluation du stade de maturité. Seules les appréciations tactiles et visuelles et la teneur en huile, ajustée parfois par des tests de dégustation, permettent de déterminer l’époque de récolte. Les fruits mûrs de certains cultivars qui tolèrent le froid (mexicains, guatémaltèques et quelques hybrides) peuvent être conservés un mois et plus à 4-7°C. Les cultivars qui ne tolèrent pas le froid (Antillais et quelques hybrides) peuvent être conservés 3 à 4 semaines à 13°C.