seminiaire caprin


 

Les dominantes parasitologiques chez le caprin dans le Nord du Maroc

Rhalem A1, Sahibi H1 et Chentouf M.2
1Laboratoire de parasitologie, IAV HII. 2INRA-CRRA de Tanger


Dans le Nord du Maroc l’élevage caprin est concentré dans des parcours des "zones difficiles et défavorisées". Cet élevage revêt une importance considérable dans l'économie de ces régions et représente souvent l'unique moyen de valorisation des zones marginales en raison de leur topographie accidentée et l'unique source de protéines et de liquidité. Dans sa majorité, cet élevage est de type extensif, ce qui favorise un polyparasitisme chez les animaux qui restent exposés en permanence à ces infestations.

Afin de contribuer à la mise au point d’une stratégie de lutte adaptée dans ces régions, nous avons conduit une étude épidémiologique dans différents étages bioclimatiques. Les données obtenues révèlent une incidence des maladies parasitaires très marquée, ce qui explique, les cas de contreperformances zootechniques, l’avortement et des cas de mortalités. Les infestations helminthiques sont dominantes à tous les niveaux avec des différences pour la fasciolose. Les charges parasitaires sont assez importantes, ceci s’explique d’une part, par un manque de suivi sanitaire et de traitement, d’autre part, par le choix des molécules parfois inappropriées. L’oestrose est fortement présente dans les régions du Nord au cours de plusieurs mois dans l’année. La recherche des protozoaires intestinaux, a été focalisée sur la coccidiose et la cryptosporidiose. Ces deux infections sont largement répondues, quand ces parasitoses s’installent au niveau des exploitations, 100% des jeunes sont infectés par des parasites du genre Eimeria sp. et 60% par des cryptosporidies. Si cette dernière peut justifier les mortalités néonatales avec d’autres infections virale et bactérienne, les coccidioses sont responsables des mortalités qui peuvent apparaître à partir de l’âge de 4 semaines. En tout cas les mortalités chez les jeunes sont importantes et dépassent 40%.

Enfin une étude pilote, la première du genre a concerné les tiques et les maladies transmises par les tiques. Les infestations par les tiques sont dominées par des parasites du groupe Rhipicephales. La recherche des hémoparasites a été conduite en utilisant des outils de biologie moléculaire. Les infections sont dominées par l’anaplasmose avec des prévalences de l’ordre de 75%. Ces valeurs montrent que dans ces régions on est en phase de stabilité endémique, mais ces infections constituent un obstacle majeur pour introduire des races améliorées d’Europe qui sont très vulnérables et les mortalités peuvent être très élevées en l’absence d’un suivi et d’un encadrement sanitaire.

L’ensemble de ces données apportent des éléments de réponse sur les dominantes parasitologiques dans ces régions, et permettent de définir une stratégie de lutte, qui doit être mise à l’épreuve au niveau du terrain.

 

 


Mots clés: Caprin, Nord, Polyparasitisme, épidémiologie, lutte


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