seminaire avicole


 

Caractérisation des élevages en croisement terminal bovin dans la région de Doukkala

K. Lakhssassi 1, M. El Fadili 2
1Centre Régional de la Recherche Agronomique de Rabat
2 Département de la Production Animale, INRA, Rabat


Dans le but d’améliorer la production de la viande bovine, le département de l’agriculture a instauré des mesures dans le cadre du contrat programme de la filière viandes rouges engageant l’Etat et l’Interprofession. Il s’agit notamment du développement du croisement terminal et l’introduction de nouvelles races à viande (Charolaise, Limousine, Blanc Bleu Belge, Blanc d’Aquitaine, Piémontaise, etc.). Ce croisement connait un développement dans pratiquement tout le Maroc.

Ce travail, préalable à une étude de suivi et évaluation de ce type de croisement chez les éleveurs, se propose de caractériser les exploitations de la région de Doukkala qui pratiquent le croisement terminal avec des races à viande améliorées. Ainsi, 15 exploitations privées ont été enquêtées sur des aspects liés à la structure de l’exploitation et le fonctionnement de l’élevage bovin en croisement.

Les premiers résultats de l’enquête ont montré que l’élevage bovin est important car il représente 52%, suivi des élevages ovin (45%) et caprin (3%). La taille moyenne des élevages bovins est de 27 têtes. Ces élevages sont de type naisseur-engraisseur avec une production mixte (lait et viande) dans 80% des exploitations contre 20% spécialisées dans la production de viande. La structure génétique des vaches laitières est caractérisée par la prédominance des croisées (78%), améliorées pures (19%) et locales (3%). Les principales races améliorées laitières pures élevées dans la région sont: Holstein (38%), Montbéliarde (31%) et Simmental (23%). Dans 93% des exploitations, le croisement terminal avec les races à viande constitue la principale activité. Les vaches croisées constituent le principal support du croisement terminal avec les races à viande Blanc Bleu Belge, Charolais et Piémontaise. La pratique du croisement avec ces races a été expliquée par son effet bénéfique sur l’amélioration du développement musculaire, sur la réduction du dépôt de gras de la carcasse et le prix élevé des taurillons issus de ce croisement. Les taurillons croisés de type BBB sont plus lourds et plus chers à la vente que les croisés de type Charolais.

L’enquête a montré aussi que le choix des races à viande utilisées en insémination artificielle se fait par l’éleveur (60%) et par l’inséminateur (40%) des cas, mais aussi suivant la disponibilité de la semence. Les difficultés de vêlage observées sont faibles, soit 6 et 7% respectivement pour les croisements avec les races BBB et Charolaise. Toutefois, 89% des vaches de l’exploitation sont utilisées en croisement terminal contre 11% utilisées comme races laitières pures. De même, 47% des exploitants déclarent qu’ils peuvent garder pour l’élevage les génisses issues du croisement avec les races à viande.

L’utilisation non raisonnée du croisement terminal affecte le nombre de vaches destinées à la production laitière et leur renouvellement au sein de l’exploitation, particulièrement dans les régions à vocation laitière. C’est pourquoi, ce croisement doit être suffisamment encadré et accompagné pour préserver les acquis de la filière lait, garantir le renouvellement du cheptel laitier et éviter le maintien des femelles croisées à viande.

 

lakhssassi

     
     

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