seminaire avicole


 

Analyse rétrospective des programmes d’amélioration génétique des bovins et perspectives d’évolution dans le cadre du Plan Maroc Vert

A. Benlekhal, Direction de Développement des Filières de Production (MAPM)


Les différents plans sectoriels de développement de l’élevage, qui ont été lancés par les pouvoirs publics durant les trente dernières années, ont mis l’accroissement des niveaux de performances du cheptel et le développement des productions animales au cœur des priorités arrêtées. Les voies d’amélioration du cheptel adoptées et les modes d’organisation des programmes d’intervention ont évolué, en général, selon le contexte économique et les choix politiques du pays. Ainsi, dans le cadre de la mise en œuvre du plan laitier au milieu des années 70, l’option d’introduction des races laitières par importation a été préconisée, en plus des autres actions visant l’amélioration génétique du cheptel qui ont été exécutées et supportées par l’Etat, notamment l’insémination artificielle du cheptel, le maillage des zones par un réseau de stations de monte, le contrôle laitier et la sélection généalogique des reproducteurs, en ciblant les zones irriguées. Le début de la décennie 90 a vu l’amorce d’une réorganisation des programmes d’amélioration génétique par l’implication des organisations professionnelles des éleveurs à la réalisation des programmes d’intervention, dont l’insémination artificielle constituait un modèle concret. Cette phase a engendré une véritable prise de conscience des éleveurs et de leurs associations, et a suscité un intérêt réel à l’adhésion et à la contribution aux programmes. Il en résulte une véritable refonte de l’insémination artificielle passant d’une gestion administrative peu performante à une gestion professionnelle basée sur le résultat. Les réalisations dans ce domaine ont été multipliées par 10 dans l’espace de 20 ans (de 28.000 inséminations en 1990 à 330.000 en 2010). En outre, l’impact des actions combinées entreprises (importation des génisses, insémination artificielle et sélection) a été nettement positif sur l’accroissement de la production laitière et de viande; la structure génétique du cheptel a subi une transformation profonde puisque le cheptel amélioré est passé de 5% en moyenne en 1975 à 55% en 2010, dépassant même 85% dans les périmètres irrigués. Cette situation s’est traduite corollairement par une mutation des systèmes d’élevage où le type intensif prend de plus en plus de l’importance.

Les objectifs affichés au développement des filières de productions animales dans le cadre du Plan Maroc Vert appellent à une nouvelle approche d’intervention en matière d’amélioration génétique du cheptel avec cette double priorité: développement des filières viandes rouges et lait. Dans ce contexte, tout l’intérêt sera porté sur l’introduction des races nouvelles spécialisées, adaptées aux différents écosystèmes, qui seront diffusées par le biais de l’insémination artificielle pour l’accroissement de la production des viandes rouges, en plus de l’introduction de la haute génétique pour le développement de la filière lait dans les zones propices. Un nouveau défi se pointe donc à l’horizon pour asseoir une nouvelle organisation des programmes d’amélioration génétique des bovins en tenant compte de l’environnement, des vocations régionales et des innovations en matière de la génétique animale. Ceci passe entre autre par la mise en œuvre d’une réglementation appropriée, identifiant tous les acteurs, précisant leur responsabilité et instituant les soutiens de l’Etat, base de toute intervention future pour un développement durable des filières de productions en question.

 

benlakhal 2012

     
     

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