seminaire avicole

 

Le Plan Maroc Vert pour les Filières Viande de volaille et Œufs de Consommation: Stratégie, Objectifs, Rôle de l’Etat et Mesures d’Accompagnement

A. Bentouhami, DDFP


L’offre de viandes de volailles est assurée à 91 % par le secteur intensif moderne. La production est passée de 29.000 tonnes en 1970 à 560.000 tonnes en 2010. Ce niveau permet de couvrir 100% de la demande en viandes de volailles. La production de poussins d’un jour de type chair est estimée en 2010 à 350 millions d’unités contre 320 millions en 2009. Cette production couvre l’ensemble des besoins du marché. Pour ce qui est des dindonneaux d’un jour, les mises en place réalisées (production + importation) en 2010 s’élèvent à 10,58 millions.

En matière d’infrastructure de production, le secteur moderne compte actuellement 53 couvoirs dont 46 de type chair d’une capacité de 10 millions poussins par semaine, 4 couvoirs type ponte d’une capacité de 310.000 de poulettes par semaine, 3 couvoirs de dinde d’une capacité de 210.000 dindonneaux par semaine, 6.030 unités d’élevage de poulets de chair, 421 élevages de dinde, 233 unités d’élevage de poules pondeuses et 40 unités de fabrication d’aliments d’une capacité potentielle de 5 millions de tonnes d’aliments par an. La production d’aliments composés pour volailles s’est située en 2010 à 2,6 millions de tonnes, soit une augmentation de 15% par rapport à l’année précédente. Le réseau d’abattoirs industriels avicoles compte 25 unités agréées, ayant traité un volume de 78.000 tonnes de viandes en 2009, soit près de 18% de la production totale du secteur moderne. Le reste est abattu dans les tueries. De ce fait, la capacité potentielle installée n’est utilisée qu’à hauteur de 20%.

La consommation de viandes de volailles par habitant est de 17,2 kg en 2010. Concernant les œufs de consommation, la production a augmenté de 400 millions en 1970 à 4.5 milliards unités en 2010; ce qui a permis d’augmenter le niveau de consommation moyen de 21 à 138 unités par habitant par an pour cette période. La part du secteur industriel est de 82%.

Les investissements cumulés consentis dans le secteur avicole moderne en 2010 sont évalués à 9,4 milliards de Dh et le chiffre d’affaires réalisé est de 23,2 milliards de Dh. Le secteur offre en permanence 360.000 emplois directs et indirects. Depuis l’entrée en vigueur de la loi 49/99 en avril 2007, un effort considérable de mise à niveau du secteur avicole a été relevé à l’amont de la filière notamment au niveau des élevages et couvoirs qui ont été restructurés conformément aux dispositions de la loi. Toutefois, le maillon aval d’abattage et de commercialisation continue d’exercer dans des conditions ne reflétant pas le niveau de développement constaté en amont. Pour ce qui est des objectifs du contrat-programme 2009-2013, signé en avril 2008 entre le Gouvernement et la Fédération Interprofessionnelle du Secteur Avicole (FISA), ils ont été déjà atteints et même dépassés en terme d’augmentation des productions, d’accessibilité des produits avicoles et de baisse des prix à la consommation. Par ailleurs, les objectifs du Plan Maroc Vert ciblent le développement de la filière autour de l’agrégation et l’intégration de tous les segments de la filière, garante de la régulation du marché et de l’amélioration de la qualité des produits avicoles.

Compte tenu de ces évolutions et afin de relever les nouveaux défis auxquels est confronté le secteur en matière de restructuration de l’abattage, de développement de la distribution moderne et de l’exploration de niches à l’export, une nouvelle feuille de route s’impose visant à renforcer le rôle crucial du secteur dans la garantie de la sécurité alimentaire et la croissance de l’économie nationale. C’est dans ce sens qu’un nouveau Contrat-Programme a été signé en Avril 2011 entre le Gouvernement, le Crédit Agricole du Maroc et la FISA. Ce dernier annule et remplace le premier Contrat-Programme, et ce en vue d’œuvrer ensemble à la mise à niveau et au développement du secteur avicole dans sa globalité à l’horizon 2020. Parmi les principaux objectifs de ce Contrat-Programme: la garantie de la sécurité alimentaire du pays en protéines d’origine animale, en passant de 8 g par habitant par jour en 2010 pour atteindre 13 g par habitant par jour en 2020 en matière de protéines issues des produits avicoles; l’orientation de l’investissement vers la modernisation des unités d’élevage, l’installation des structures de valorisation des produits avicoles et le développement des modèles d’agrégation et d’intégration; la création de 140.000 nouveaux emplois; l’amélioration de l’efficience, de la compétitivité du secteur et de l’offre sur le marché de produits avicoles de qualité à des prix abordables avec une réduction des coûts de production de 10 à 15 %; la diversification de la production avicole par le développement de l’élevage alternatif pour atteindre 11% de la production totale soit 100 000 tonnes en 2020; et L’augmentation des quantités exportées des produits avicoles de 400 tonnes en 2010 pour atteindre 4.400 tonnes en 2020. La concrétisation des actions prévues dans le cadre de ce Contrat - Programme, pour la période 2011-2020, nécessite un montant global d’investissement de 3,762 Milliards de Dh et des engagements de l’Etat et de la profession. Les actions porteront en priorité sur deux axes. Un axe relatif au renforcement de l’aviculture moderne, au développement des modèles d’agrégation et d’intégration et à la valorisation des produits avicoles. L’autre axe concerne l’amélioration des conditions cadres de la filière.

Engagements de la FISA: La FISA et ses membres s’engagent par rapport au 1er axe à: accroître la production de viandes de volaille et d’œufs de consommation respectivement à 900.000 tonnes et 7,2 milliards d’unités en 2020 aboutissant à des consommations en 2020 de 25 kg pour les viandes et de 200 œufs par habitant par an ; à augmenter les investissements (13.16 Milliards Dh à l’horizon 2020) et le chiffre d’affaires (38 Milliards Dh en 2020); à créer de nouveaux emplois (500.000 en 2020); et à réduire les coûts de production des produits avicoles de 10 à 15%. Et par rapport au 2ème axe, la FISA s’engage à améliorer les circuits de commercialisation et de valorisation des produits avicoles en organisant la production selon le modèle d’agrégation autour des abattoirs industriels avicoles et des centres de conditionnement des œufs; à organiser le marché des produits avicoles en vue d’aboutir à terme à l’agrégation productiviste et à l’intégration de tous les maillons de la chaîne de production avicole ; à dynamiser de la profession à travers l’élargissement de la base des adhérents des différentes associations professionnelles constituant l’interprofession ; à améliorer les compétences; à contribuer à la recherche appliquée et au développement et à procéder au traitement des déchets des unités avicoles dont l’objectif est d’assurer le développement durable de l’activité avicole dans le respect de l’environnement.

Engagements de l’Etat: L’Etat œuvrera, à travers les deux axes, à créer les conditions favorables au développement du secteur avicole et au renforcement de sa compétitivité. L’Etat, relativement au 1er axe,  contribuera à la promotion de l’investissement par le Crédit Dawajine et par les subventions à l’investissement à travers le Fonds de Développement Agricole. Et par rapport au 2ème axe, l’Etat veillera à mettre en œuvre des dispositions régissant le secteur avicole (Loi 49/99) ; à promouvoir la filière (équipement du centre d’Ain Jemaa); à renforcer l’organisation professionnelle (loi sur l’interprofession et textes réglementaires); à avancer la recherche appliquée et le développement ; et à promouvoir la consommation des produits avicoles.

     
     

Retour ¦
Page d'accueil